Merci et au revoir


Les élections professionnelles  ont donné leur verdict. La représentativité au sein des corps des personnels de direction reste quelque peu identique et la hiérarchie n’a pas changé.

Si le syndicat majoritaire observe une baisse du nombre de voix, les autres syndicats connaissent une certaine progression. Cela ne modifie cependant que très peu la représentation en CAPA et CAPN. Sachant que la représentativité dans les groupes Blanchet au sein des académies reste définie sur la base de la représentativité nationale, les participants ne sont donc pas modifiés hormis toutefois le nombre.

Merci à toutes et tous les collègues qui ont porté leurs voix sur le choix d’ID et permis ainsi d’atteindre le niveau d’une représentativité de 20%.

Mais quels que soient ces résultats, la gestion des carrières et des rémunérations des personnels de direction ne s’est toujours pas améliorée. ID en lançant une alerte sociale et en saisissant le CHSCTM dénonce cette situation héritée d’une inefficacité des accords précédents. Les écrans de fumée et autres  illusions ne sont pas des réponses.

Si ID a été  le premier syndicat à rencontrer la DGRH le 1 er octobre 2018 dans le cadre de son alerte sociale, le syndicat majoritaire a, lui, adressé un courrier au Ministre le 11 octobre et l’intersyndicale (ID et SGEN) a adressé également  un courrier sur ces thématiques le 20 décembre.

ID a par ailleurs saisi le CHSCTM via la FNEC-FP FO  pour présenter ce dossier lors de la séance du 27 novembre 2018  et dénoncer le non respect des textes qui nous régissent par notre employeur.

Il est important de relever que le CHSCTM a en conséquence défini des modalités de poursuite à cette requête en demandant « l’ouverture d’un chantier pour procéder à l’évaluation quantitative de la charge de travail et une analyse qualitative des missions et injonctions envers les personnels de direction imposés par l’Education Nationale et les collectivités territoriales. Ce chantier devra porter de manière non exclusive sur le suivi médical, horaires de travail, droit à la déconnection, conditions d’emploi et de mutation, transparence sur les opérations de mobilité professionnelle et carrière, le régime indemnitaire ».

Rappel du vote qui a été le suivant : 5 pour (4 FSU et 1 FO) 2 abstentions (2 UNSA)

Suite à ces démarches, ID observe que les réponses actuelles du Ministre ne sont pas au niveau des demandes et des attentes:

-          Un nouveau concours de recrutement pour 2020 dont les modalités  ne sont pas encore totalement définies et pour lequel certaines interrogations demeurent.

-          La création de la HEB ne répond en aucun cas  à la nécessité, reconnue par le Ministre, de compensation et de désengorgement des promotions à la HC. Rappelons ici encore une fois que seul ID s’est abstenu au CTM de février 2017 et que nous avons été le seul syndicat à dénoncer le gel du nombre de promotions (455) et de ses conséquences, déjà prévisibles à l’époque.

-          L’égalité de traitement des carrières femmes – hommes est une revendication commune à tous les syndicats (revue ID, relire l’article dans le n°66 de Février 2018) mais concerne surtout les modalités de management des DASEN et Recteurs, pour lesquelles  ID demande une révision des principes de gestion.

-          Les réponses sur le devenir et la gestion de l’IF2R restent évasives et là encore ID a demandé une modification de la partie « résultat »  en la revalorisant et la mensualisant.

-          Le report de la révision générale du classement des établissements prévue en 2019 est clairement corrélé au transfert qui sera opéré en la matière avec la  nouvelle procédure d’évaluation des EPLE qui  devrait être arrêtée dans le premier semestre 2019.

-          La revalorisation par une augmentation de la NBI est clairement écartée d’emblée.

-          Le fantôme de la mise en place du Compte Epargne Temps hante encore le champ du possible.

IF2R et Compte Epargne Temps nous ont été présentés comme de grandes victoires syndicales en leur temps, le PPCR l’était tout autant.ID, fidèle a sa volonté de défendre tous les personnels de direction, n’a cessé de dénoncer des mesures qui ne sont soit pas appropriées, soit pas mises  en œuvre car non pertinentes en regard de notre système de gestion de carrières et de management par notre hiérarchie.

Un groupe de travail sur ces sujets doit se dérouler au ministère, suivi d’un GNPD.

A ce contexte s’ajoute le cadre d’exercice et de fonction des personnels de direction qui est aujourd’hui très dégradé.  L’incertitude permanente plane et présente un caractère anxiogène sur :

-  la mise en œuvre de la transformation de la voie générale et technologique dans la perspective du baccalauréat 2021,

- Les adaptions et corrections impératives attendues en ce qui concerne Parcoursup,

- la mise en œuvre de la réforme de la voie professionnelle, de l’apprentissage et de la formation continue,

- l’application des deux HSA à tous les enseignants.

Tous  les aspects techniques, organisationnels, étude de faisabilité, capacité à répondre aux commandes politiques n’ont pas été mesurés et anticipés. Trop de personnels de direction notamment en lycée « décrochent » !

Les personnels de direction dont la méthode de travail consiste à anticiper pour pouvoir piloter se retrouvent dans une situation de stress,  amplifiée par la combinaison des problématiques  d’accompagnement au changement, de mise en place d’organisations que personne n’a pu définir et maîtriser auparavant. De même, les conséquences des réformes sur la gestion des ressources humaines sont encore imprévisibles (mesure de carte scolaire, mise en place des 2 HSA). Ces incertitudes conduisent à devoir gérer au quotidien des interrogations de la part des enseignants, des élèves, des parents, sans pouvoir apporter des réponses pertinentes. De plus les modalités de management par power point et newsletter interposées posent de réelles difficultés.

Cette situation compliquée est aggravée par d’autres incertitudes. Rappelons les ici les enjeux et les échéances :

- Une nouvelle instance d’évaluation des EPLE pour 2019.

- La fusion des académies sur le format des nouvelles régions : différée semble-t-il, mais pour combien de temps ?

- La réorganisation territoriale de l’éducation nationale avec notamment la GRH de proximité.

- Le devenir du paritarisme.

- Le nouveau concours de recrutement des personnels de direction 2020.

- La mise en place de modalités de rémunération alliant part fixe et part variable.

Face à ces enjeux, notre syndicat doit encore progresser et l’échéance des élections de 2022 doit nous permettre d’obtenir de réelles améliorations de nos conditions de travail et de rémunération. Les personnels de direction doivent comprendre que leur devenir ne peut trouver de salut par la cogestion qui nous handicape depuis le protocole de 2001 et qui nous a conduit à l’impasse dans laquelle nous sommes.

Le mandat confié au bureau national en avril 2015 a trouvé  son aboutissement lors de ces élections de 2018. Conformément à nos statuts, les académies ont entamé depuis janvier 2019 le renouvellement des bureaux académiques à travers les assemblées générales électives.

Le Congrès des 2, 3,4 avril 2019 élira un nouveau bureau national et un nouveau secrétaire général.

J’adresse en tant que secrétaire général sortant un grand remerciement à tous les collègues qui se sont investis et qui, à différents titres, ont contribué à l’évolution positive de notre syndicat. Bien sûr, j’adresse un remerciement particulier à toute mon équipe du bureau national et du secrétariat national avec qui nous avons développé avec acharnement, pendant quatre ans, notre volonté de travailler pour défendre l’intérêt de chaque personnel de direction. Merci aux secrétaires académiques, délégués départementaux, membres des bureaux académiques et commissaires paritaires pour leurs implications et leurs actions basées sur le bénévolat et imprégnées d’un réel professionnalisme.

Je souhaite une réelle réussite à la nouvelle équipe et appelle tous nos adhérents à être des agents de communication pour informer tous les autres personnels de direction du bénéfice réel qu’il y a à adhérer à ID-FO.

Merci à toutes et à tous, vive notre réelle indépendance !

Philippe DONATIEN

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