COMMISSION BLANCHET ACADÉMIE DE MONTPELLIER Jeudi 15 octobre 2026 13h30

Cyril LAPENE

Secrétaire académique ID-FO

Chef d’établissement du collège Pierre Moreto de THUIR

cyril.lapene@ac-montpellier.fr

Représentants Indépendance & Direction Montpellier: Nacera BELKAÏD, Fabrice HALLER, Cyril LAPENE

Ordre du jour :

  • Point sur le mouvement lycéen (gestion de crise, soutien aux personnels, démocratie lycéenne, reprise des cours et premières réponses, notamment s’agissant du bâti)
  • Situation du corps des personnels de direction (objectifs, méthode, temporalité, accompagnement, indicateurs de l’état de santé de la profession et CIA …)
  • Quotidien des personnels de direction et difficultés numériques
  • Suivi du plan canicule
  • Point école inclusive (mise en œuvre des PAS, Incluscol…)
  • Traitement des questionnaires VSS
  • Nouvelle procédure d’élaboration de la carte des formations
  • Présentation du nouveau pôle tranquillité scolaire et relations avec les parents d’élèves
  • Point sur les relations avec les parents d’élèves
  • Projet de vadémécum presse
  • Questions diverses.

1. Propos introductifs de Mme la rectrice : reconnaissance et soutien aux personnels de direction

La rectrice remercie les personnels de direction pour leur engagement lors de la rentrée scolaire, qu’elle considère comme globalement réussie malgré un contexte particulièrement difficile.

Elle insiste sur plusieurs points :

– la violence exceptionnelle des événements du début du mois d’octobre, qui a éprouvé les équipes de direction, les personnels de vie scolaire et les enseignants ;

– le soutien du ministère et de l’académie aux chefs d’établissement, avec des consignes ministérielles répétées visant à ne pas les laisser seuls face à la crise ;

– la reconnaissance du rôle essentiel des personnels de direction, dont l’engagement a permis de maintenir autant que possible l’ouverture des établissements et la continuité du service public ;

– la nécessité de maintenir un dialogue constructif entre l’administration et les organisations syndicales.

La rectrice souligne que le métier de personnel de direction est à la fois extrêmement difficile et profondément utile à la société, que c’est un beau métier. Elle souhaite que cette mobilisation soit reconnue lorsque viendra le temps du retour d’expérience.


2. Interventions liminaires des organisations syndicales

Indépendance & Direction Montpellier souhaite la bienvenue au nouveau secrétaire général d’académie M Vincent Denis qui prend ses fonctions ce jour après avoir exercé cette mission sur l’académie de Toulouse pendant plusieurs années.

Les sujets et questions proposés par Indépendance & Direction Montpellier ont été ajoutés à l’ordre du jour, l’intervention liminaire ne les reprendra pas mais commencera par parler des jeunes pour finir par les personnels de direction : cf intervention liminaire à la fin du compte-rendu.


3. Ordre du jour, interventions et échanges

1er point : Point sur le mouvement lycéen (gestion de crise, soutien aux personnels, démocratie lycéenne, reprise des cours et premières réponses, notamment s’agissant du bâti)

Gestion du mouvement lycéen et conséquences de la crise

  • Une crise d’une ampleur inhabituelle

L’administration rappelle que, lors du pic du mouvement, début octobre, environ 50 % des lycées de l’académie ont été touchés. Certains établissements ont subi des dégradations très importantes, notamment des façades incendiées et des équipements détruits.

Huit personnels auraient été blessés ou choqués depuis le début des événements, dont trois personnels de direction, ainsi que des enseignants et des personnels d’éducation.

La Rectrice précise que la crise n’est pas considérée comme terminée. Elle appelle à la vigilance en prévision de la reprise des cours après les vacances scolaires, notamment au regard des tensions observées dans l’enseignement supérieur.

  • Un dispositif académique de gestion de crise mobilisé en continu

La cellule de crise académique a été activée quotidiennement, dès 6h30, pendant treize jours.

Le dispositif s’est appuyé sur :

Les services académiques et départementaux de défense et de sécurité, les DASEN et les équipes de direction académique, les échanges réguliers avec les autorités préfectorales, la remontée d’informations du terrain et la surveillance des réseaux sociaux, l’adaptation des dispositifs d’accompagnement en fonction de la situation des établissements.

La rectrice reconnaît que les chefs d’établissement ont parfois vécu un sentiment de solitude, malgré le soutien des services. Les représentants demandent notamment que les collèges proches des lycées touchés soient aussi pris en compte.

  • Les principales critiques formulées par les représentants

Indépendance & Direction Montpellier dénonce plusieurs aspects de la gestion nationale de la crise :

– des déclarations ministérielles perçues comme un désaveu du travail des chefs d’établissement, notamment l’annonce de demi-journées banalisées pour organiser des échanges avec les lycéens ;

– l’annonce de la mobilisation rapide de milliers d’enseignants, vécue comme une injonction difficilement applicable sur le terrain ;

– une pression administrative parfois déconnectée des réalités vécues dans les établissements ;

– l’épuisement physique et psychologique de nombreux personnels, ainsi que la crainte de nouvelles agressions.

La Rectrice reconnaît que certaines annonces ont été maladroites et ont pu être ressenties comme une remise en cause des compétences des équipes. Elle précise toutefois que le ministère n’a pas demandé de remettre en cause leur expertise et que les chefs d’établissement restent les mieux placés pour organiser les temps d’échange avec les élèves.

  • Accompagnement psychologique et retour d’expérience

Une cellule d’écoute a été mise en place rapidement avec des psychologues. Le rectorat souhaite la maintenir dans la durée, car les conséquences psychologiques peuvent apparaître après la crise.

Il est demandé que le dispositif soit adapté aux contraintes des personnels de direction.

L’administration précise que le réseau de médecine du travail couvre l’ensemble de la semaine, 24 heures sur 24, et que des dispositifs spécifiques d’écoute ont également été proposés aux personnels de direction durant les deux derniers week-ends.

Une visioconférence avec les chefs d’établissement est prévue le vendredi précédant les vacances pour faire un point et préparer la suite.

Enjeu principal : ne pas se limiter à la gestion immédiate de la crise, mais organiser un retour d’expérience et un accompagnement durable des personnels.

Expression des lycéens et état des établissements

  • Une consultation des lycéens

La Rectrice remercie les chefs d’établissement d’avoir organisé des temps d’échange avec les élèves et d’avoir maintenu les établissements ouverts lorsque les conditions de sécurité le permettaient.

La plateforme de consultation lycéenne a recueilli environ 3 850 contributions dans l’académie, dont près de 2 860 concernant les lycées.

Les premières remontées font ressortir plusieurs préoccupations :

Le bâti scolaire, notamment les températures excessives, la vétusté et les conditions de vie dans les internats.

La vie des élèves, avec des préoccupations relatives aux emplois du temps et aux remplacements d’enseignants.

D’autres questions liées au fonctionnement des établissements et au climat scolaire.

La Rectrice indique que les contributions sont analysées par un groupe de travail académique et que leur restitution doit être transparente.

  • Des conditions matérielles dénoncées

Indépendance & Direction Montpellier souligne l’état dégradé de certains lycées : fenêtres défectueuses, absence de protections contre le soleil, problèmes de chauffage ou d’eau chaude, internats vétustes et équipements de sécurité parfois inadaptés. Ces difficultés, signalées depuis plusieurs années, constituent un facteur majeur de mécontentement des élèves.

Indépendance & Direction Montpellier déplore certains arbitrages de la Région en terme d’investissements sur le bâti dans les lycées. Nombre de lycées sont dans un état de délabrement inacceptable, l’état de certains internats est indigne, plusieurs ne comprennent pas que des investissements, parfois importants, soient réalisés dans des lycées, pourtant en très bon état, sur des aménagements complémentaires « superflus ».

La Rectrice confirme la nécessité d’un travail conjoint avec la Région, tout en soulignant l’importance de préserver un dialogue institutionnel constructif.

Remplacement des enseignants et mobilisation des personnels disponibles

Ce point a donné lieu à des échanges approfondis entre les représentants et le secrétaire général.

  • Le dispositif national de mobilisation

Le ministère a demandé aux académies d’identifier les enseignants disponibles afin de réduire les absences non remplacées, particulièrement dans les lycées.

Pour l’académie de Montpellier :

120 personnels disponibles avaient été identifiés dans une première phase.

Ce nombre est ensuite passé à 49, à la suite des différentes mobilisations.

Environ 20 % des personnels identifiés ont été mobilisés pour intervenir dans des lycées professionnels.

Environ 25 % ont été affectés à des remplacements correspondant à des supports devenus vacants.

Les 55 % restants ont vocation à être mobilisés dans leur établissement de rattachement, notamment pour le remplacement de courte durée (RCD) ou des dispositifs de soutien.

Ces proportions sont celles présentées pendant la réunion et correspondent à la situation constatée à cette date.

Le secrétaire général précise que la mobilisation doit rester compatible avec le statut des personnels et les possibilités réglementaires. Il ne s’agit pas d’affecter arbitrairement n’importe quel enseignant à n’importe quelle mission.

L’objectif académique était également de ramener sous les seuils d’alerte les établissements présentant un volume important d’heures non couvertes. Selon les chiffres présentés, aucun lycée ne dépassait alors le seuil de 3 % d’heures non couvertes.

  • Des difficultés de gestion persistantes

Indépendance & Direction Montpellier signale que des enseignants ou des moyens de remplacement peuvent rester inutilisés dans un secteur alors que des besoins existent à quelques kilomètres.  Il est demandé une meilleure articulation entre les besoins locaux et les ressources disponibles, et évoqué plusieurs pistes :

– réfléchir à une gestion davantage territorialisée des moyens de remplacement et couplage de BMP pour une meilleure visibilité des personnels disponibles, plutôt qu’une gestion centralisée au niveau du rectorat où la visibilité est altérée ;

– la réactivation ou l’adaptation d’un dispositif de type « Jumo», permettant de rapprocher les besoins et les ressources ;

– une coopération renforcée entre les chefs d’établissement et les services académiques.

Le secrétaire général reconnaît que la question mérite un travail de fond, mais rappelle les difficultés liées aux disciplines, aux zones de remplacement et aux risques qu’une gestion trop décentralisée entraîne une répartition inégale des moyens.

Santé mentale des jeunes, moyens humains et nouvelles obligations

Indépendance & Direction Montpellier alerte sur la dégradation du moral des jeunes, mais aussi sur l’épuisement des adultes qui les accompagnent. Nous dénonçons une tendance à transférer sur l’École des responsabilités qui relèvent plus largement de la société, des politiques de santé et de la protection de l’enfance (cf. intervention liminaire)

Nous insistons sur :

Le manque de personnels infirmiers, sociaux et médico-psychologiques, les difficultés à accompagner certains élèves aux besoins complexes, la pression exercée sur les chefs d’établissement par certaines familles, le risque de voir les personnels de direction tenus pour responsables de dispositifs qu’ils n’ont pas les moyens de mettre en œuvre.

  • Le questionnaire sur les violences sexuelles et sexistes

Les représentants soutiennent la prise en compte des violences sexuelles et sexistes, mais dénoncent un calendrier jugé trop contraint et l’absence de moyens supplémentaires. La mise en œuvre suppose en effet du temps, des personnels formés et une organisation adaptée aux établissements qui ne disposent pas de toutes les ressources nécessaires.

Indépendance & Direction Montpellier déplore qu’encore une fois, ce soit à l’Ecole et donc aux personnels de direction de porter la charge d’un nouveau dispositif de réaction, et d’avoir à en subir les difficultés. Cette disposition doit être portée selon nous par les services sociaux de l’état et des collectivités.

La Rectrice indique que la question a déjà été remontée au ministère. Elle reconnaît la nécessité d’adapter la mise en œuvre aux réalités locales et de ne pas imposer des objectifs irréalisables aux équipes.

  • Protection des personnels et relations avec les familles

Les représentants demandent une application plus opérationnelle des mesures de protection de la communauté éducative, notamment face aux agressions, aux mises en cause répétées et aux comportements de certaines familles.

Ils souhaitent : une protection fonctionnelle simple à solliciter et rapidement accordée, une réponse réactive du rectorat en cas de mise en cause d’un personnel, des modalités claires de coordination entre le pôle de tranquillité scolaire, les équipes mobiles de sécurité et les services académiques.

La Rectrice affirme que la protection fonctionnelle est accordée rapidement lorsque la situation le justifie, parfois même à l’initiative de l’administration. Elle indique que les questions relatives aux familles et à la protection des personnels seront reprises dans les points spécifiques de l’ordre du jour.

2ème point : Situation du corps des personnels de direction (objectifs, méthode, temporalité, accompagnement, indicateurs de l’état de santé de la profession et CIA …)

CIA des personnels de direction : critères et calendrier

Le secrétaire général présente le cadrage retenu pour le complément indemnitaire annuel (CIA).

Les principes annoncés

L’académie dispose d’une enveloppe moyenne de 1 478 € par personnel de direction.

Un montant de référence de 1 450 € est prévu pour environ 70 % des personnels, au titre d’un engagement professionnel remarquable et d’un haut niveau de professionnalisme.

Les marges restantes doivent permettre de tenir compte de situations particulières, positives ou négatives, selon les critères annoncés.

Les situations exceptionnelles, notamment les intérims, doivent faire l’objet d’une attention particulière ; un montant de 2 250 € est évoqué.

Des modulations à la baisse ou à la hausse sont prévues pour certaines situations professionnelles ou RH, selon le cadrage présenté.

Le secrétaire général indique que les travaux doivent être finalisés début novembre, avec un versement prévu sur la paie de décembre.

À retenir : le montant de référence de 1 450 € concerne la majorité des personnels, mais il ne constitue pas un montant garanti à tous. Les règles de modulation et la prise en compte des situations exceptionnelles demeurent déterminantes.

Indépendance & Direction Montpellier demande, et depuis toujours, des critères transparents, connus de tous, ainsi qu’une reconnaissance des missions supplémentaires exercées dans les établissements et hors des établissements.

Cependant, sur le sujet du CIA, Indépendance & Direction Montpellier ne partage pas les positions de ses collègues de l’autre syndicat, et rappelle ses positions fermes d’être rétribués en indiciaire et non en indemnitaire avec les conséquences lourdes que ce régime entraine sur le montant des pensions (plus de 500 euros par mois). Nous dénonçons en conséquence la soumission à un plafond indiciaire qui est spécifique au personnels de direction et demandons que cette question soit portée au niveau ministériel.

Conditions de travail des personnels de direction

Indépendance & Direction Montpellier dénonce l’intensification du travail liée à l’accumulation des tâches administratives, aux outils numériques, aux obligations et responsabilités toujours croissantes, à notre surexposition sur tous les sujets et bien seuls dont en réelle insécurité. Les collègues contraints de s’arrêter sont de plus en plus nombreux. Nous demandons des données pour mesurer l’état de santé de notre corps : collègues en arrêt, postes non remplacés, nombre de faisant-fonctions en activité, volume du vivier de faisant-fonctions, etc.

Au-delà sont dénoncées entre-autres :

– les difficultés liées aux personnels en sous-service et à la pression exercée sur les chefs d’établissement pour les mobiliser ;

– la diminution drastique des moyens consacrés au pédagogique (crédits d’Etat), celle des IMP et du Pacte ;

– les difficultés croissantes à recruter des professeurs principaux.

La Rectrice se dit intéressée par la reprise d’un travail collectif sur les conditions de travail des personnels de direction. La crise actuelle pourrait conduire à accélérer cette réflexion sur les sujets de l’accompagnement des personnels de direction et de la prévention des difficultés notamment.

L’administration rappelle l’existence du dispositif de pairs accompagnateurs, mis en place à partir de mars 2025. Des personnels de direction volontaires ont été formés à l’écoute, au recueil de la parole et au conseil. L’accompagnement se veut confidentiel et extérieur à la hiérarchie. Le dispositif doit permettre aux collègues confrontés à des difficultés professionnelles ou personnelles de trouver un interlocuteur. Son déploiement reste toutefois progressif et son recours semble encore limité.

La rectrice propose de créer, avec les organisations syndicales, un observatoire des personnels de direction, précédé d’un groupe de travail. L’objectif est de construire un baromètre social permettant de suivre les conditions de travail, le bien-être et les difficultés rencontrées.

Les thèmes envisagés comprennent, les relations avec la hiérarchie, les services académiques et les corps d’inspection, le soutien institutionnel et les relations professionnelles, les moyens humains et matériels, les relations avec les collectivités territoriales, la charge de travail, les conditions d’exercice et les besoins d’accompagnement, les difficultés de santé et les situations de fragilité professionnelle.

Les représentants syndicaux approuvent le principe, mais expriment une réserve importante : les difficultés sont déjà largement connues et il ne suffit pas de créer un baromètre pour y répondre. Ils demandent des mesures concrètes de protection et d’accompagnement, alors que certains personnels se sentent exposés et insuffisamment soutenus.

L’administration reconnaît la nécessité de mieux hiérarchiser les problèmes et de concentrer les efforts sur des priorités réellement traitées : instabilité des équipes de direction et reconnaissance du métier.

Les représentants alertent sur les conséquences des absences de personnels de direction, notamment lorsqu’elles entraînent des chaînes de remplacement successives. Ces mouvements peuvent fragiliser plusieurs établissements et nuire à la stabilité des équipes.

L’administration indique qu’un point chiffré doit être réalisé pour déterminer si ces situations sont en augmentation et mesurer leur ampleur.

3ème point : Quotidien des personnels de direction et difficultés numériques

Difficultés numériques : une charge de travail supplémentaire

Indépendance & Direction Montpellier dénonce l’accumulation des difficultés liées aux outils numériques, aux procédures de sécurité et aux applications administratives qui nous noient dans un quotidien professionnel déjà dense au-delà du supportable.

Difficultés concrètes signalées entre-autres :

– réinitialisation des mots de passe et récupération des codes d’accès INA : procédure de sécurisation très lourde, notamment en période de rentrée et parce qu’elle est supportée par le chef d’établissement lui seul, sans compter que le formulaire ASAP correspondant est inadapté ;

– suppression de nombreuses délégations d’accès aux applications sans en être averti, obligeant à les réattribuer manuellement en quantité non négligeables quand on s’en rend compte ;

– dysfonctionnements de plusieurs applications, dont des écrans noirs et des difficultés de connexion ;

– dysfonctionnement durable de l’application INCLUSCOL avec des délais de procédure intenables sur les aménagements aux examens.

– problèmes matériels et retards de maintenance informatique dans les établissements.

Les représentants précisent qu’ils ne contestent pas la nécessité de sécuriser les systèmes d’information. Ils demandent toutefois que les procédures soient conçues en tenant davantage compte du fonctionnement réel des établissements.

Indépendance & Direction Montpellier  demande notamment de simplifier les démarches et limiter les saisies répétitives, limiter sérieusement le nombre des enquêtes et leur volume (temps de saisie) pour celles qui sont maintenues, permettre à plusieurs personnels habilités d’effectuer les demandes (formulaire ASAP pour la DPE, avec possibilité de mettre des lecteurs en copie), améliorer les délégations et les droits d’accès, prévoir des adaptations lorsque les applications sont indisponibles (calendrier…), associer les équipes de direction à la conception des applications et procédures bien en amont.

L’administration reconnaît les difficultés rencontrées lors de la rentrée, tout en rappelant le contexte de sécurisation renforcée, notamment après les incidents survenus dans l’académie de Toulouse.

Elle se défend d’adaptations déjà mises en œuvre : certaines procédures ont déjà été assouplies, les demandes groupées de codes ont été rendues possibles sur un même formulaire, les adjoints peuvent effectuer certaines demandes lorsque les chefs d’établissement ne sont pas disponibles, la possibilité d’élargir certaines habilitations aux secrétaires généraux est également évoquée, sans décision définitive.

Indépendance & Direction Montpellier ajoute ne pas comprendre pourquoi, des clés OTP sont attribuées aux SG et infirmiers scolaires alors que les chefs d’établissement adjoints ne sont pas dotés.

4ème point : Suivi du plan canicule

Bâtiments scolaires : vulnérabilité et travaux

L’administration présente l’avancement de la cartographie de la vulnérabilité des établissements, engagée à la suite des difficultés rencontrées durant les épisodes de fortes chaleurs.

Les taux de réponse communiqués au cours de la réunion sont d’environ : 82 % des collèges et 72 % des lycées.

Ces chiffres sont ceux annoncés lors du premier point d’étape et doivent être interprétés avec prudence, car la transcription comporte ensuite d’autres taux difficilement attribuables avec certitude.

L’administration travaille avec les collectivités territoriales pour exploiter les résultats et identifier les établissements prioritaires. L’objectif est de finaliser un plan d’action, notamment pour sécuriser les conditions de déroulement des examens dans les lycées, puis de poursuivre les travaux sur les autres établissements.

Le rectorat affirme vouloir maintenir la pression sur les collectivités pour accélérer les investissements, mobiliser les financements disponibles et assurer un suivi régulier des dossiers prioritaires.

5ème point : Point école inclusive (mise en œuvre des PAS, Incluscol…)

Déploiement des PAS

Indépendance & Direction Montpellier dénonce de vraies difficultés de mise en fonctionnement réel des PAS donc de prise en charge fluide des élèves à besoins particuliers. Des obstacles matériels (financement matériel, locaux, etc.) demeurent. La charge qui repose sur les chefs d’établissement des établissements support reste importante et sans reconnaissance concrète.

L’administration présente les pôles d’appui à la scolarité (PAS) comme un levier pour améliorer la coordination entre l’Éducation nationale et le secteur médico-social. Le dispositif doit notamment, faciliter l’identification des interlocuteurs par les familles, coordonner les réponses apportées aux élèves, mobiliser plus rapidement des compétences médico-sociales, permettre des interventions sans attendre systématiquement une notification ou une rupture du parcours scolaire.

Un financement de l’ordre de 133 000 € par PAS est évoqué, comprenant notamment un éducateur spécialisé et une enveloppe destinée à mobiliser des interventions médico-sociales.

L’administration rappelle que l’objectif n’est pas de réduire volontairement le nombre de notifications MDPH, mais d’apporter des réponses plus rapides et mieux coordonnées. Elle s’appuie sur l’évaluation de plusieurs PAS expérimentaux, dont les retours sont présentés comme positifs.

Les échanges font ressortir un enjeu essentiel : améliorer la coordination et le soutien aux équipes sans transférer sur les établissements des responsabilités qu’ils ne peuvent assumer seuls.

Incluscol

Indépendance & Direction Montpellier demande un report de la date limite des demandes d’aménagements via Incluscol à la fin du mois de mars, le fonctionnement de l’application depuis quelques jours seulement, le temps nécessaire pour tous usagers de s’en emparer (parents, personnels etc.) aboutira à un crasch si on maintient cette date du 15 décembre. Nous précisions qu’en outre, en collège cette modalité ne sert à rien puisque sont systématiquement validées les aménagements mis en œuvre régulièrement en classe et les examens sont organisés en établissement. Laissons les collèges les acter sans passer par les modalités Incluscol, et signalons simplement à la DEC les adaptations de sujets qui en découlent.

Nous demandons une approche pragmatique, permettant de ne pas faire peser sur les établissements les conséquences de dysfonctionnements techniques ni la mise en œuvre de nouvelles dispositions qui demandent un vrai temps d’acculturation.

6ème point : Traitement des questionnaires VSS

Questionnaire sur les violences sexistes et sexuelles (VSS)

Le dernier sujet concerne la publication, le 14 octobre, d’un décret relatif à la prévention, au recueil, à la détection et au traitement des violences sexistes et sexuelles et des violences physiques ou morales visant les élèves et les personnels.

Les principaux éléments présentés sont les suivants : le dispositif concerne les établissements publics et privés sous contrat, le questionnaire doit être organisé au moins une fois par an, il doit être associé à une séance EVARS.

Les réponses doivent être analysées rapidement après la passation afin de pouvoir traiter sans délai les éventuelles révélations préoccupantes.

Le dispositif prévoit la possibilité d’un entretien avec un personnel compétent dans le domaine sanitaire, social ou psychosocial.

La participation de l’élève est présentée comme volontaire.

Les parents doivent être informés et disposent d’un droit d’opposition, plutôt que d’un régime d’autorisation préalable.

Un point important concerne le calendrier : le guide de passation préparatoire évoquait une période allant du retour des vacances de la Toussaint jusqu’aux vacances de Noël. Or, selon les informations présentées, le décret ne fixe pas cette période précise. L’administration estime donc disposer de davantage de souplesse pour organiser les séances et les passations.

Les questionnaires doivent permettre de libérer la parole des élèves et de repérer d’éventuelles situations de violence. Leur traitement doit être organisé en amont, avec des personnels disponibles pour recevoir les élèves.

Questionnaire nominatif révélant une suspicion de VSS : un entretien doit être organisé avec l’élève, avec l’intervention des personnels ressources compétents, notamment infirmiers, assistants sociaux, psychologues de l’Éducation nationale et, si nécessaire, médecins.

Questionnaire anonyme révélant une suspicion : il n’est pas prévu d’organiser systématiquement un entretien individuel, puisque l’élève n’est pas identifié. Une action de sensibilisation et de prévention doit être menée auprès de la classe.

Information des parents : elle dépend de la nature des faits et de l’intérêt supérieur de l’enfant. Dans les situations relevant d’un signalement judiciaire ou d’un protocole de protection de l’enfance, les parents peuvent ne pas être informés lorsque cela risquerait de compromettre la protection de l’élève.

Questionnaire relatif au harcèlement : le dispositif suit une logique similaire. En cas de signalement nominatif, l’équipe éducative compétente conduit les entretiens nécessaires ; en cas de signalement anonyme, une action collective de sensibilisation est prévue.

Le dispositif s’inscrit dans le cadre national de l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS), déployé depuis la rentrée 2025 conformément à la circulaire de février 2025.

Points de vigilance soulevés

Plusieurs difficultés opérationnelles ont été exprimées par les personnels de direction et les représentants des équipes.

a. La nécessité d’une réaction rapide

Le questionnaire doit être passé en début de journée et son dépouillement doit permettre, si nécessaire, de sécuriser l’élève avant la fin de la journée. Il est donc indispensable que les professionnels susceptibles de recevoir les élèves soient effectivement disponibles.

Le dépouillement ne doit pas être considéré comme une simple opération administrative. Il ne doit notamment pas être confié à une intelligence artificielle.

b. La charge de travail des personnels

Les personnels de santé et sociaux sont déjà fortement mobilisés, notamment par les campagnes de vaccination contre les HPV, les missions habituelles des infirmiers et les autres dispositifs d’accompagnement.

Les participants craignent que les moyens humains disponibles ne permettent pas de répondre aux préconisations nationales, particulièrement dans les écoles du premier degré, où les personnels ressources sont moins présents.

c. La difficulté des signalements anonymes

Des chefs d’établissement témoignent de situations dans lesquelles de nombreux questionnaires font état de violences graves, sans permettre d’identifier les élèves concernés. Un exemple évoqué concerne un collège de 800 élèves ayant recueilli environ 120 fiches préoccupantes, dont près de la moitié restaient anonymes.

Cette situation suscite une forte frustration chez les personnels, qui peuvent percevoir la gravité des faits sans parvenir à protéger directement les élèves concernés.

d. La temporalité des faits

Les participants souhaitent que les questionnaires permettent de mieux distinguer les violences actuelles des faits anciens. Un élève peut signaler une violence subie plusieurs années auparavant, sans être nécessairement encore en danger.

Cette distinction permettrait de mieux hiérarchiser les situations, sans minimiser les conséquences de faits passés.

Réponse apportée

Le dispositif a évolué depuis sa conception initiale : désormais, l’entretien systématique concerne l’élève qui se signale nominativement et souhaite être entendu. Pour les signalements anonymes, la réponse repose principalement sur la sensibilisation collective.

La nécessité d’une organisation territoriale coordonnée est reconnue, ainsi que celle de développer les formations des personnels. Des modules de formation sur les VSS sont en cours de déploiement, avec notamment un webinaire destiné aux cadres annoncé pour le 14 décembre.

Enjeu principal : éviter que le questionnaire ne crée des attentes de prise en charge auxquelles les établissements ne pourraient pas répondre faute de personnels et de temps disponibles.

8ème point : Nouvelle procédure d’élaboration de la carte des formations

Révision de la carte des formations professionnelles

Est abordé la nécessité de faire évoluer la carte des formations en tenant compte davantage des besoins économiques des territoires, des débouchés professionnels et de la démographie scolaire.

Constat

Les chefs d’établissement souhaitent être davantage associés aux décisions concernant leurs formations, notamment lorsque leurs propositions sont argumentées mais ne reçoivent pas de retour explicite.

Certaines formations sont fragilisées par un manque d’attractivité ou par des débouchés professionnels insuffisants.

À l’inverse, des secteurs économiques expriment des besoins de recrutement auxquels les formations existantes ne répondent pas toujours.

Un exemple est donné dans le domaine des réseaux, où une formation n’accueille aucun élève alors que des besoins professionnels sont identifiés, notamment en lien avec les futurs travaux ferroviaires entre Montpellier et Perpignan.

Calendrier et méthode

Janvier 2027 : lancement de la campagne d’évolution de la carte des formations.

Fin 2027 : objectif de tester un nouvel outil d’aide à la décision, provisoirement appelé « la Boussole ».

Rentrée 2028 : première échéance importante pour la mise en œuvre des évolutions.

À partir de 2029 : premiers effets démographiques significatifs anticipés sur l’organisation des établissements.

Une soixantaine de propositions d’évolution ont déjà été recueillies. Les échanges avec la Région ont commencé, mais certaines propositions pourraient être écartées en raison de contraintes de financement des équipements techniques.

Le nouvel outil : « la Boussole »

Cet outil doit permettre d’analyser les formations à partir de plusieurs critères, notamment : les besoins de recrutement et les perspectives d’emploi, les caractéristiques économiques des territoires, les effectifs et l’attractivité des formations, les évolutions démographiques, les moyens nécessaires au maintien ou au développement des formations.

Les formations jugées fragiles pourront être placées sous surveillance et accompagnées par un groupe d’experts, en lien avec les partenaires territoriaux.

L’objectif n’est donc pas de fermer automatiquement les formations peu attractives, mais de déterminer si elles doivent être renforcées, transformées, accompagnées ou éventuellement supprimées.

Enjeu démographique

La baisse des effectifs scolaires est plus importante que prévu : l’académie anticipait une diminution d’environ 4 600 élèves, mais constate finalement une baisse proche de 6 500 élèves.

Les effets devraient être particulièrement variables selon les territoires. Les lycées professionnels pourraient être moins touchés globalement que les lycées généraux, mais certaines zones connaîtront des évolutions plus marquées.

Point essentiel : anticiper suffisamment tôt les conséquences sur les formations, les ressources humaines et l’évolution des bâtiments, en associant les établissements et la Région.

9ème point : Présentation du nouveau pôle tranquillité scolaire et relations avec les parents d’élèves

Création du pôle académique de tranquillité scolaire et de relations avec les parents

Le rectorat présente la structuration d’un nouveau pôle destiné à renforcer la politique académique du climat scolaire.

Missions du pôle

Il regroupe plusieurs dimensions : la gestion des crises et l’accompagnement des établissements, la prévention et la lutte contre le harcèlement, l’amélioration du climat scolaire, le développement des relations avec les parents d’élèves, l’appui aux personnels de direction et aux équipes de terrain, la formation des personnels.

Cette organisation doit permettre une meilleure coordination des interventions, alors que les situations difficiles et les crises continuent de mobiliser fortement les établissements.

Les équipes mobiles académiques de tranquillité scolaire (EMAT)

Cinq équipes sont prévues, mais trois seulement sont constituées au moment de la réunion.

Les premiers retours sont jugés positifs, notamment après une intervention dans un collège confronté à une situation complexe.

Leur mission consiste à intervenir temporairement dans les établissements, pour une durée pouvant aller de quelques jours à plusieurs mois, afin de soutenir les équipes et d’améliorer le climat scolaire.

Il est précisé que ces équipes ne doivent pas servir à remplacer ponctuellement un personnel absent.

Leur rôle se distingue de celui des équipes mobiles académiques de sécurité (EMAS) : l’objectif est de travailler sur la tranquillité et le climat scolaire, en complément des missions de sécurité et de maintien de l’ordre assurées par les EMAS.

Une présentation du nouveau pôle est annoncée pour le 16 novembre, dans le cadre d’un webinaire destiné aux personnels concernés. Un groupe académique consacré au climat scolaire doit également être constitué, avec une possible participation de chefs d’établissement et de représentants des parents.

10ème point : Point sur les relations avec les parents d’élèves

Renforcement du dialogue avec les parents d’élèves

Le rectorat souligne l’importance de rétablir des relations de confiance avec les familles et de mieux associer les fédérations de parents aux instances de l’Éducation nationale.

Les demandes remontées par les représentants des parents concernent notamment : une meilleure diffusion des coordonnées des représentants de parents, leur référencement plus systématique sur les ENT, une meilleure prise en compte de leurs contraintes horaires, notamment pour les conseils de classe, une participation effective aux instances dans lesquelles ils disposent d’un siège, leur implication dans la diffusion de messages de prévention et d’information auprès des familles.

Le rectorat indique que les efforts réalisés pour améliorer l’accès aux informations et les relations avec les parents sont appréciés par les fédérations.

Le sujet du déplacement exceptionnel d’un élève pour protéger la communauté éducative

Les échanges portent sur le dispositif permettant, dans certaines situations exceptionnelles, de déplacer un élève lorsque le comportement de ses responsables légaux met gravement en danger des personnels ou perturbe fortement le fonctionnement d’un établissement.

Il est demandé une clarification de l’application du décret du 26 juillet relatif à la protection de la communauté éducative, notamment lorsque des familles perturbent durablement le fonctionnement de plusieurs établissements.

Sur ce point Indépendance & Direction Montpellier oppose des réserves et ne souscrit pas du tout à l’idée de faire payer doublement à un élève le prix du comportement de ses parents. Nous rappelons que les chefs d’établissement disposent du pouvoir à interdire l’accès à l’établissement qu’ils dirigent, cela suffit à réagir à des comportements de parents inadaptés.

Plusieurs précautions sont rappelées : la mesure doit rester exceptionnelle, elle ne doit pas constituer une sanction infligée à l’élève pour le comportement de ses parents, les solutions alternatives doivent être examinées, les autorités académiques doivent être associées à la décision, la mesure doit être proportionnée, expliquée à l’élève et harmonisée autant que possible entre les départements.

L’exemple évoqué est celui de parents ayant agressé physiquement un personnel devant un établissement. Il s’agit alors de protéger la communauté éducative, et non de punir l’enfant.

11ème point : Projet de vadémécum presse

Communication avec les médias et accompagnement des chefs d’établissement

Le rectorat souhaite développer un outil pratique destiné aux directeurs d’école et aux personnels de direction, pour les aider à communiquer et à protéger leur établissement en cas de crise médiatique.

Deux axes sont envisagés :

– valoriser les établissements

L’objectif est de permettre aux équipes de mieux faire connaître les projets et les réussites de leurs établissements : remises de prix, projets pédagogiques, actions avec les familles ou partenariats locaux.

Les chefs d’établissement pourraient ainsi entretenir des relations de confiance avec les correspondants locaux de la presse, dans un cadre clair.

– gérer les situations sensibles

Le second volet concernerait l’accompagnement en cas de crise ou de forte exposition médiatique : comment répondre aux sollicitations des journalistes, quand et comment solliciter le service communication du rectorat, comment protéger les élèves et les personnels, quels sont les droits et obligations en matière de droit à l’image et de droit de réponse, comment réagir face à une couverture médiatique excessive ou déformée.

Un groupe de travail associant les représentants des personnels de direction, du premier degré et les services académiques doit contribuer à élaborer cet outil.

Indépendance & Direction Montpellier suggère des temps de formation de type media training, en lien avec les services de formation académique.

L’idée est de construire d’abord un document de référence recensant les besoins, puis de proposer une formation adaptée.

12ème point : Questions diverses

Questionnaire académique sur la santé mentale des élèves

En fin de réunion, le rectorat présente un questionnaire consacré à la santé mentale des élèves, adressé aux directeurs d’école, principaux et proviseurs.

Objectif : il s’agit de recueillir le ressenti des responsables d’établissement concernant différents signaux de fragilité psychologique chez les élèves, sans chercher à établir un diagnostic médical.

Le questionnaire a été élaboré avec des psychiatres, des psychologues de l’Éducation nationale et des professionnels du CHU de Montpellier.

Les répondants doivent évaluer plusieurs signaux sur une échelle de 1 à 4, selon leur perception de leur présence dans leur établissement.

Exploitation prévue : les réponses permettront à l’académie d’identifier les difficultés les plus préoccupantes, de dégager des priorités d’action, de mieux cibler les besoins des établissements, de travailler avec les professionnels de santé mentale sur des réponses adaptées.

Le rectorat souhaite avancer rapidement, sans attendre la rentrée suivante, notamment au regard des difficultés observées dans certains lycées.

Le délai de réponse évoqué est fixé au 19 novembre, avec une certaine souplesse si les responsables ont besoin de consulter leurs équipes.


4. Clôture

À 17h15, après presque 4h de séance, Mme la rectrice clôture en remerciant les participants.


ANNEXE

Retranscription de l’intervention liminaire Indépendance & Direction Montpellier (par Cyril Lapene SA)

«  Les jeunes ne vont pas bien du tout !

Le contexte général environnant est de nature à générer rien d’autre que de l’inquiétude de la colère et du désespoir et hypothèque a priori tout enthousiasme et perspectives sur l’avenir. Là où jadis les jeunes rêvaient à leur vie dans 10 ou 20 ans aujourd’hui leurs ambitions et projections s’arrêtent au lendemain. Témoins des galères de leurs parents, spectateurs des théâtres et menaces de guerre, observateurs voire victimes des catastrophes climatiques, tempêtes, inondations, incendies, chaleurs infernales, abreuvés en outre, sur tous supports médiatiques calibrés pour influencer, de faits divers de nature à devenir misanthrope, tout cela sous rémanence de traumatisme pandémique… tout le monde a droit à l’information mais il devient urgent de les protéger de cette déferlante du sensationnel calamiteux et sauvegarder leur espoir, seule source d’un avenir réparé pour eux comme pour nous.

Mais attention à la focale, les jeunes ne vont pas bien du tout parce les adultes ne vont pas bien du tout. Les phares que nous étions n’éclairent désormais pas plus loin que nos pieds. Le quotidien est chaque jour davantage au combat qu’au plaisir et à l’épanouissement. Ils nous regardent et ne veulent pas être comme nous, parents, enseignants, éducateurs, alors que nous sommes censés les guider les inspirer dans l’exemplarité la plus infaillible.

En continuant à réfléchir ainsi au problème, rien ne pourra pas aller mieux et surtout pas en pensant que l’Ecole pourra tout panser.

Alors arrêtons de nous charger ainsi, l’Ecole, nous les personnels de direction, nous charger au sens propre, de tous les soins de la société, arrêtons avec tous ces plans qui relèvent du bricolage, de l’illusion qu’on a agi sur les problèmes profonds alors qu’on a juste montré qu’on réagit, Ce n’est par exemple pas la santé mentale des jeunes qu’il faut traiter et à l’école mais bel et bien en amont ce qui la détruit, ce qui n’interdit certes pas de s’en soucier et de les écouter, mais cela nous l’avons toujours fait, à l’Ecole on savait soigner en écoutant, en accompagnant à s’élever et s’épanouir. Pour illustrer ce propos, permettez une comparaison vulgaire au sens propre : lorsqu’un patient souffre d’eczéma, l’allopathe luis prescrit de la pommade pour faire disparaitre la manifestation cutanée, sans s’intéresser à soigner l’origine profonde du mal… Voilà ce que nous sommes hélas devenus à l’Ecole, des prescripteurs de pommade.

Bref arrêtons de transférer toutes ces responsabilités d’origines bien supérieures et plurielles sur l’Ecole et sur ceux qui la pilotent en l’occurrence nous.

Le transfert de charge a dépassé ce que les plus solides peuvent supporter sans craquer. Il suffit de compter ceux qui n’en peuvent plus et cette première période de l’année scolaire est historique en matière de rapidité et d’efficacité d’épuisement, sans compter que maintenant on n’hésite pas à nous menacer nous les personnels de direction, à nous agresser et même à nous tirer dessus. Il est maintenant urgent de nous protéger, nous, si on veut pouvoir continuer à protéger nos élèves et personnels. Avec toute la volonté du monde, avec tout l’engagement du monde, vos troupes ne tiendrons pas encore longtemps ainsi Mme la rectrice.«