Compte-rendu
Groupe Blanchet du 14 octobre 2026
Protéger, soutenir, reconnaître : iD-FO porte la voix des personnels de direction
Table des matières
1. Mouvement lycéen : iD-FO demande à l’institution d’assumer pleinement ses responsabilités.
3. Protection fonctionnelle et accompagnement : iD-FO demande des réponses rapides et accessibles.
6. CIA 2026 : iD-FO défend une reconnaissance indemnitaire lisible, juste et équitable.
7. Questions diverses : plusieurs dossiers qui appellent un suivi attentif.
8. À l’issue de ce groupe Blanchet : iD-FO restera exigeant et vigilant.
Le mercredi 14 octobre, Claude DESBOS et Renaud MARTELET – représentants d’iD-FO ont participé au groupe Blanchet présidé par le recteur de l’académie de Grenoble.
Cette réunion s’est tenue dans un contexte exceptionnel, après plusieurs semaines de mouvements lycéens, de tensions et de violences qui ont durement éprouvé les communautés éducatives et, tout particulièrement, les équipes de direction.
Pour iD-FO, il était essentiel que cette réunion ne se limite pas à un point de situation institutionnel. Elle devait permettre de faire entendre la réalité vécue par les collègues, d’obtenir des réponses et de replacer la protection des personnels au cœur des responsabilités de l’employeur.
Notre intervention s’est articulée autour de trois exigences : protéger les personnels, soutenir concrètement les équipes et reconnaître l’engagement professionnel de celles et ceux qui font vivre quotidiennement le service public d’éducation.
1. Mouvement lycéen : iD-FO demande à l’institution d’assumer pleinement ses responsabilités
L’intervention d’iD-FO : la sécurité des personnels n’est pas négociable
iD-FO a d’abord exprimé sa solidarité avec l’ensemble des collègues confrontés aux violences, aux menaces, aux intimidations et aux situations de crise qui ont marqué ces dernières semaines.
Notre organisation a tenu à rappeler avec force un principe fondamental : les personnels de direction ne sont ni des forces de maintien de l’ordre ni des boucliers humains.
Les chefs d’établissement assument des responsabilités essentielles en matière de sécurité, mais celles-ci ne sauraient les conduire à se substituer aux autorités chargées du maintien de l’ordre, ni à exposer leur intégrité physique ou celle de leurs collaborateurs.
iD-FO a particulièrement insisté sur la nécessité de clarifier les responsabilités de chacun. Trop de collègues ont dû prendre, dans l’urgence, des décisions particulièrement difficiles, dans un contexte d’incertitude quant aux moyens disponibles et aux modalités d’intervention des différents services de l’État.
La directrice de cabinet a présenté une rétrospective détaillée du mouvement. La crise s’inscrit en trois temps distincts. Le premier temps, débuté le 28 septembre, concerne deux établissements : le lycée Mounier et le lycée Bergès. La mobilisation, d’une violence extrême, se caractérise par une scénarisation rappelant les épisodes d’Île-de-France : tenues noires, capuches, masques, mortiers d’artifices, cocktails Molotov et artifices. Le deuxième temps, à partir du 2 octobre, marque une désescalade relative avec des blocages totaux ou partiels et des manifestations déclarées. Le troisième temps, à partir du lundi 12 octobre, voit un retour à une violence ciblée, principalement sur l’agglomération grenobloise, Jallieu, Voiron, Annecy, Chambéry, Valence, Montélimar et Romans-sur-Isère.
Sur les 110 lycées de l’académie, 19 établissements ont été très fortement impactés, dont 6 ont subi des intrusions d’une extrême violence avec saccages, attaques sur les personnels et sur le bâti. 34 établissements ont connu un impact significatif, 38 peu impactés, et 19 n’ont pas été impactés. Au 14 octobre, 8 établissements sont en distanciel (7 sur l’agglomération grenobloise et 1 en Drôme).
« Nous avons 46 personnels victimes recensés dans 26 établissements, 45 protections fonctionnelles accordées. » Directrice de cabinet.
Mobilisation des ressources et pilotage de crise
Le pilotage académique s’appuie sur la cellule de crise académique et les cellules départementales, en lien en temps réel dès 6h du matin avec les COD, les RT et les forces de l’ordre. 10 EMS (Équipes Mobiles de Sécurité) sont mobilisés depuis le 28 septembre, se levant à 4h30 et étant sur site à 6h45. Le pôle EVS s’est mis immédiatement à disposition du Recteur. Le conseiller technique sécurité et le proviseur vie scolaire se sont mobilisés dès la première heure.
3 EMS ont été blessés en se interposant entre des personnels de direction et des tirs de mortier. Des menaces de mort ont été proférées visant des personnels de direction, des enseignants et des AED.
Protection fonctionnelle et accompagnement des victimes
La protection fonctionnelle est accordée d’office dans le cadre du SDSA : l’agent n’a pas à la demander, elle lui est octroyée directement avec un contact écrit et la transmission de toutes les informations. La PVS a contacté chacun des personnels victimes pour les accompagner, les orienter et évaluer leurs besoins.
Une cellule d’écoute académique a été mise en place dès le jeudi 1er octobre au soir, composée du médecin conseiller technique du recteur, d’une conseillère technique médecin, d’une conseillère technique infirmière, d’une médiatrice RH spécialisée et d’une psychologue du travail. Cette cellule est disponible du lundi au vendredi, de 9h à 12h et de 14h à 17h. Six cellules d’écoute ont été déployées au sein des établissements de l’agglomération grenobloise.
L’offre d’accompagnement académique couvre quatre axes : l’accompagnement direct des victimes, la sécurisation des questions disciplinaires, le RETEX en lien avec le CTEVS, et l’accompagnement post-crise via la méthodologie CODEV.
ID-FO a précisé que « la protection fonctionnelle ne doit pas rester un principe juridique. Elle doit devenir une réalité pour chaque collègue qui en relève. ».
Nos demandes :
- Une doctrine académique écrite, claire et partagée sur la gestion des blocages et des situations de violence.
- Une articulation effective entre les autorités académiques, les préfectures, les forces de sécurité et les équipes de direction.
- Des arbitrages hiérarchiques rapides, explicites et assumés.
- Une protection fonctionnelle effective et un accompagnement juridique et humain des personnels victimes.
- Un retour d’expérience approfondi permettant d’identifier les difficultés et d’améliorer les réponses institutionnelles.
- Un plan d’accompagnement psychologique des personnels de direction.
Les réponses du recteur
Le recteur a réaffirmé le soutien de l’institution aux personnels de direction et présenté les dispositifs académiques d’accompagnement mobilisables.
Un travail de clarification des procédures et des modalités de sécurisation des établissements doit être poursuivi, en articulation avec les orientations nationales.
Le recteur précise qu’ « on est dans cette double temporalité où, oui, comme vous, je me projette sur la doctrine académique qui sera celle que nous appliquerons à partir de la rentrée pour les vacances, et puis, en même temps, on peut se dire aussi que, d’ici là, peut-être plus rapidement d’ailleurs qu’on ne le pense, avoir une doctrine qui nous soit communiquée à l’échelle nationale. »
L’analyse d’iD-FO
Nous prenons acte de ces orientations. Elles constituent des premiers éléments de réponse, mais la véritable mesure du soutien institutionnel résidera dans leur mise en œuvre effective.
La protection des personnels doit devenir une réalité opérationnelle, et non demeurer une intention affichée.
Retour d’expérience (RETEX)
Le Recteur annonce que le RETEX avec les partenaires (Région, services de l’État) sera organisé pendant les vacances. Des RETEX départementaux seront réalisés en premier, puis consolidés au niveau académique. Les représentants des personnels de direction seront associés.
Poursuites disciplinaires
Le Recteur demande aux chefs d’établissement de tenir scrupuleusement le registre des comportements répréhensibles (élèves et personnel) et annonce l’ouverture méthodique des dossiers pour lesquels des éléments factuels existent. Il insiste sur la nécessité d’envoyer des signaux forts : il n’y a pas d’impunité.
« Si nous voulons que la prochaine crise ne soit pas pire que la crise actuelle, nous allons devoir envoyer des signaux forts. Et ces signaux forts, c’est qu’il n’y a pas d’impunité, il n’y a pas de comportement répréhensible qui ne soit pas condamné. »
2. Charge de travail : iD-FO dénonce le décalage entre les urgences du terrain et les exigences administratives
L’intervention d’iD-FO : retrouver le sens des priorités
Notre organisation a particulièrement insisté sur l’épuisement des équipes de direction et sur l’accumulation des responsabilités qui pèsent sur elles.
Depuis plusieurs semaines, les collègues sont mobilisés sur la sécurité, la gestion des crises, l’accompagnement des personnels, le dialogue avec les familles, la continuité pédagogique et le maintien d’un climat scolaire apaisé.
Pourtant, parallèlement à cette mobilisation exceptionnelle, les sollicitations administratives ordinaires se poursuivent : procédures d’évaluation, visites PPCR, préparations d’examens, remontées d’informations et échéances institutionnelles.
Certes, quelques reports ont été annoncés. Mais ils ne suffisent pas à dissiper le sentiment de décalage entre l’urgence vécue dans les établissements et la poursuite d’un fonctionnement administratif presque inchangé.
iD-FO a dénoncé ce paradoxe : comment demander aux personnels de direction de gérer l’exceptionnel tout en continuant à exiger d’eux qu’ils assurent l’ordinaire sans adaptation véritable ?
Au-delà de la surcharge de travail, cette situation peut nourrir chez les collègues un profond sentiment de solitude, alors même que leur engagement n’a jamais été aussi déterminant.
Notre organisation a demandé :
- La suspension ou le report des sollicitations administratives non prioritaires.
- Des consignes claires adressées à l’ensemble des services académiques.
- Une véritable hiérarchisation des urgences.
- Une attention particulière à la santé et aux conditions de travail des personnels de direction.
- Un accompagnement adapté des collègues les plus éprouvés.
Les réponses du rectorat
Le recteur a indiqué que certaines échéances pourraient être décalées, notamment les évaluations d’établissement, lorsque les conditions nécessaires à leur bon déroulement ne sont pas réunies.
Le Recteur confirme que tous les flux institutionnels non d’une nécessité absolue doivent être mis en stand-by. Il précise que l’inscription aux examens (baccalauréat) ne peut pas être décalée, mais que les évaluations d’établissements doivent l’être.
« Il faut quand même se dire qu’on n’évalue pas un établissement qui n’a pas repris, qui n’est pas pleinement opérationnel et dans lequel tout le monde n’est pas pleinement à l’aise pour participer à une évaluation d’établissement. »
L’administration a également présenté des dispositifs d’écoute et d’accompagnement RH, ainsi que la possibilité de mobiliser, à moyen terme, des temps de codéveloppement professionnel.
L’analyse d’iD-FO
Ces mesures doivent maintenant se traduire par des instructions effectivement appliquées par l’ensemble des services.
Soutenir les personnels de direction, c’est aussi savoir renoncer, différer et simplifier. La multiplication des demandes ne saurait tenir lieu de pilotage.
Enquête QVCT
iD-FO propose qu’une nouvelle enquête, actualisée, puisse être conduite sur le bien-être et la santé mentale des collègues. Le recteur retient l’idée et propose d’exploiter l’enquête QVCT existante en isolant, par code, la population des personnels de direction, avant d’envisager une enquête spécifique si nécessaire.
3. Protection fonctionnelle et accompagnement : iD-FO demande des réponses rapides et accessibles
La question de l’accompagnement des collègues victimes a occupé une place importante dans les échanges.
iD-FO a souligné la nécessité de ne pas ajouter une difficulté administrative supplémentaire aux situations déjà éprouvantes que peuvent traverser les personnels.
Le rectorat a présenté plusieurs dispositifs permettant notamment :
- La mise en œuvre d’une protection fonctionnelle immédiate dans certaines situations graves.
- L’accompagnement juridique des personnels victimes et l’appui du service interacadémique des affaires juridiques (SIAJ).
- La sécurisation des procédures disciplinaires.
- L’accompagnement des signalements au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale.
- Le soutien psychologique et l’accompagnement RH.
- Le traitement des situations de danger grave et imminent.
Informations utiles
La cellule académique d’écoute dédiée aux chefs d’établissement et aux équipes de direction est joignable au 04 76 74 71 32, du lundi au vendredi, de 9 h à 12 h et de 14 h à 17 h.
Un dispositif national d’accueil et d’écoute psychologique est également accessible au 0 805 500 005, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
Le SIAJ peut être sollicité à l’adresse siaj@ac-grenoble.fr pour les questions juridiques et l’accompagnement des signalements.
Pour iD-FO, aucun collègue ne doit demeurer isolé face à une situation de violence ou à ses conséquences.
Notre organisation reste disponible pour accompagner les personnels dans leurs démarches et intervenir auprès des autorités académiques lorsque cela s’avère nécessaire.
4. Remplacement des enseignants : iD-FO défend une réponse durable, respectueuse des exigences pédagogiques
Introduction
La question des remplacements et du recrutement constitue un enjeu majeur, aggravé par la crise. Le Recteur présente les leviers d’action mobilisés depuis la semaine précédente : optimisation des TZR, mobilisation des parts de PAC, et accélération du processus fast-track. iD-FO exprime des réserves pédagogiques sur le remplacement par des disciplines non correspondantes.
Levier 1 : Titulaires de Zones de Remplacement (TZR)
Le Recteur détaille la logique de mobilisation des TZR en trois cas de figure : 1. Première intention : affecter un TZR dans la discipline exacte et la situation d’absence correspondante. 2. Deuxième cas : jouer sur les familles disciplinaires (ex. : un TZR en maths pour un besoin en maths-sciences). 3. Troisième cas : le chef d’établissement coopératif fait une démarche pour accueillir un TZR dans une autre discipline, sur le principe qu’il est mieux d’avoir un enseignant face à l’élève qu’un emploi du temps avec des heures blanches.
Sur les 80 TZR disponibles, 80% étaient en surnombre disciplinaire. Un message a été adressé aux 72 établissements en situation de besoin à couvrir. La hiérarchisation se fait sur le seuil de 5% de besoins non couverts.
Le recteur dit qu’« on estime qu’il pourrait y avoir un intérêt à accueillir un titulaire de zone de remplacement dans une autre discipline, selon le principe selon lequel il est mieux d’avoir un enseignant face à élève qu’un emploi du temps où, structurellement, l’élève n’aurait pas cours. ».
Levier 2 : Parts de PACTE et remplacement de moyenne durée
Une trentaine de lycées ont répondu au message initial, avec 20 parts fonctionnelles rendues et mobilisables de façon supplémentaire. La souplesse sur les parts de pacte est appliquée prioritairement.
Levier 3 : Recrutement de contractuels
Le Recteur annonce des possibilités de recrutement de contractuels plus importantes qu’auparavant. L’idée est de recruter à temps plein même si le besoin actuel est partiel (ex. : 5 ou 9 heures), pour rendre les contrats attractifs.
fast-track : accélération du processus
Le dispositif fast-track, auquel le Recteur est « très attaché », est accéléré : – Réponse sous 48 heures. – Vérification de l’honorabilité et de la compétence dans un délai de 2 jours. – Le back-office (procédures administratives) devient a posteriori. – 8 gestionnaires sont mobilisés au rectorat.
Le recteur précise : « On prend l’engagement […], en deux jours, on lance les opérations, sauf si l’honorabilité n’est pas là. On se laisse deux jours pour traiter la question d’honorabilité et la question de la compétence. Et derrière, on enclenche le recrutement. »
La vigilance d’iD-FO
Notre organisation considère que toute mesure permettant d’améliorer concrètement le remplacement mérite d’être examinée.
Pour autant, les réponses apportées ne peuvent faire abstraction des exigences propres aux enseignements, particulièrement dans la voie professionnelle.
Le recours à des personnels ne disposant pas des qualifications disciplinaires adaptées peut constituer une réponse ponctuelle à une situation de crise, mais il ne saurait devenir une solution structurelle.
La continuité pédagogique ne peut se réduire à la présence d’un adulte devant les élèves.
iD-FO rappelle également que les difficultés de remplacement concernent l’ensemble des établissements, collèges comme lycées.
Il importe que les réponses institutionnelles ne conduisent pas à privilégier durablement un niveau d’enseignement au détriment d’un autre.
5. Mobilité et promotions : iD-FO demande davantage de transparence sur les carrières et l’attractivité du métier
Le rectorat a communiqué plusieurs tableaux de bord relatifs à la mobilité, aux promotions et aux modalités d’affectation des personnels de direction.
Cette présentation constitue une évolution intéressante dans le partage des données de gestion.
Quelques éléments du mouvement 2026 :
- 130 personnels ont obtenu une mutation au sein, à destination ou au départ de l’académie, 63,8% de femmes.
- 62,3 % des mutations sont intra-académiques.
- Le taux académique de satisfaction des demandes de mutation atteint 61,1 %.
- L’ancienneté moyenne dans le poste avant mutation est de 3,9 années.
Concernant les promotions, 220 personnels étaient promouvables en 2026, 39 ont été classés par l’académie et 35 ont obtenu une promotion.
Ces données devront être analysées plus précisément, notamment au regard des disparités territoriales et des perspectives de carrière.
L’attention d’iD-FO s’est également portée sur les difficultés structurelles de recrutement et de remplacement des personnels de direction.
À la rentrée 2026, les données académiques font apparaître 22 délégations rectorales et 44 personnels faisant fonction.
Par ailleurs, 26 postes demeuraient vacants à l’issue du mouvement, auxquels s’est ajoutée une vacance ultérieure.
Ces situations interrogent directement l’attractivité de notre métier, les conditions d’exercice, les perspectives de mobilité et la capacité de l’institution à garantir la continuité du pilotage des établissements.
Pour iD-FO, il est indispensable de disposer d’indicateurs partagés permettant d’objectiver ces difficultés.
Le dialogue social doit pouvoir s’appuyer sur des données transparentes et régulièrement actualisées, afin d’identifier les déséquilibres et d’en rechercher les causes.
Notre organisation poursuivra son travail d’analyse de ces éléments, avec une attention particulière portée à l’équité de traitement des personnels et à l’attractivité des postes.
6. CIA 2026 : iD-FO défend une reconnaissance indemnitaire lisible, juste et équitable
Les modalités d’attribution du complément indemnitaire annuel (CIA) au titre de l’année scolaire 2025-2026 ont fait l’objet d’échanges avec le rectorat.
L’administration a présenté une méthode visant à rendre les attributions plus cohérentes entre situations comparables.
Le Recteur indique que le travail en cours montre que la majorité des personnels de direction sont positionnés sur le seuil de référence de 1 450 euros ou au-dessus. Il qualifie le résultat de « tout à fait intéressant en termes de différents équilibres » et de « beau ».
« J’ai le sentiment, quand je regarde un petit peu comment les choses ont évolué, qu’on a atteint un résultat qui me semble être tout à fait intéressant en termes de différents équilibres. Je ne peux pas dire autrement que je trouve que le résultat est beau. »
iD-FO a défendu une exigence de reconnaissance réelle de l’engagement des personnels de direction, particulièrement dans une période où leurs responsabilités et leur exposition professionnelle sont considérablement accrues.
Pour notre organisation, les modalités d’attribution du CIA doivent reposer sur des principes clairs :
- La transparence des critères retenus.
- L’équité entre les personnels et les fonctions exercées.
- La prise en compte des responsabilités et des conditions particulières d’exercice.
- La reconnaissance des situations de surcharge ou de fonctionnement dégradé.
Nous prenons acte de la volonté de simplification exprimée par l’administration et resterons attentifs à sa traduction dans les attributions individuelles.
Le CIA ne saurait toutefois constituer, à lui seul, une réponse à la nécessaire revalorisation de notre métier.
La reconnaissance institutionnelle doit se traduire durablement dans les rémunérations, les perspectives de carrière et les conditions d’exercice des personnels de direction.
7. Questions diverses : plusieurs dossiers qui appellent un suivi attentif
Plusieurs autres sujets ont été abordés au cours de cette réunion.
Dérogation au logement de fonction
iD-FO demande si les demandes de dérogation au logement de fonction pour les personnels attaqués ont été tranchées. Le Recteur confirme :
« J’ai donné comme instruction de répondre positivement à toutes les demandes qui nous ont été faites. Dès le 2 octobre. »
Outils numériques et simplification administrative
Les difficultés de fonctionnement du Livret de parcours inclusif (LPI), les contraintes de certaines procédures liées à la scolarisation des élèves à besoins particuliers et les dysfonctionnements d’interopérabilité ont été évoqués.
Une liste des dysfonctionnements est attendue par la secrétaire générale pour amélioration : elle sera communiquée au national qui développe l’outil, mais elle sera également observée au niveau académique si des améliorations sont envisageables à notre niveau.
Les difficultés relatives au fonctionnement du Pass Culture ont également été soulevées.
iD-FO rappelle son attachement à des outils numériques réellement opérationnels, conçus pour faciliter le travail des équipes et non pour multiplier les tâches administratives.
Gestion des AESH
La complexité des circuits de gestion et les difficultés d’articulation entre les différents échelons administratifs ont été abordées, notamment la mutualisation des AESH entre PAS lorsque des établissements sont proches.
La secrétaire générale explique que la modification du lieu d’affectation impliquerait de modifier le contrat, et que le cadre de gestion des AESH est un point prioritaire de travail dans le cadre du CSA. Elle se dit preneuse d’expériences et de remarques pour améliorer l’articulation.
Ce sujet appelle des évolutions permettant un accompagnement plus réactif des élèves et une gestion plus lisible des personnels.
Montée de la violence en collège
Les échanges ont également porté sur l’augmentation des situations de violence et des tensions dans certains collèges. Une alerte est partagée par les services du rectorat sur une rentrée anormalement violente ; le nombre de conseils de discipline est notamment anormalement élevé : 224 dossiers en commission d’appel l’année dernière (484 sur trois ans).
Le Recteur confirme que l’information a été transmise au cabinet du ministre et que l’Inspection générale travaille sur le phénomène.
Pour iD-FO, les difficultés de climat scolaire doivent être abordées dans leur globalité. Les collèges ne sauraient être oubliés dans les dispositifs de prévention, de sécurisation et d’accompagnement des équipes.
Le sujet sera inscrit à l’ordre du jour d’une prochaine séance.
Rentrée 2027 en Haute-Savoie
Les adaptations envisagées du calendrier scolaire en lien avec l’organisation des championnats du monde de cyclisme ont été évoquées (70 sites, 2 millions de spectateurs annoncés, 60 000 athlètes). Une clarification est apportée : un décalage est prévu par le code de l’éducation, mais il n’y aura pas de rattrapage sur les vacances de Toussaint. Les modalités précises de mise en œuvre devront faire l’objet d’une communication adaptée.
Accueil des personnels de direction stagiaires
La participation des organisations syndicales à certains temps d’accueil des nouveaux collègues a également été abordée favorablement.
Le Recteur n’oppose pas d’objection.
iD-FO considère indispensable que les personnels de direction entrant dans la fonction puissent bénéficier d’une information complète sur leurs droits, leurs obligations et les possibilités d’accompagnement syndical.
8. À l’issue de ce groupe Blanchet : iD-FO restera exigeant et vigilant
Cette réunion a permis de faire entendre plusieurs préoccupations majeures des personnels de direction et d’obtenir des éléments de réponse de l’administration.
Nous retenons notamment la volonté du rectorat de renforcer l’accompagnement des collègues, de clarifier les procédures de sécurisation, d’adapter certaines échéances administratives et de poursuivre le partage d’informations relatives aux carrières.
Mais les réponses apportées ne sauraient suffire si elles ne se traduisent pas rapidement dans les établissements.
iD-FO sera particulièrement attentif à trois exigences qui ont structuré son intervention.
PROTÉGER les personnels de direction.
La sécurité physique et psychologique des collègues doit constituer une priorité absolue. L’institution doit assumer pleinement ses responsabilités et garantir un soutien hiérarchique effectif.
SOUTENIR les équipes dans l’exercice quotidien de leurs missions.
Il est urgent de redonner du sens aux priorités, de réduire les injonctions contradictoires et de mettre fin à l’empilement des tâches qui fragilise les conditions de travail.
RECONNAÎTRE l’engagement et les responsabilités des personnels de direction.
Cette reconnaissance doit se traduire dans les rémunérations, les parcours professionnels, l’attractivité des fonctions et les moyens mis à disposition des établissements.
Au cours de cette réunion, iD-FO a souhaité porter une conviction simple : l’engagement exceptionnel des personnels de direction ne doit jamais devenir le prétexte à une exigence institutionnelle sans limite.
Nos collègues font chaque jour la démonstration de leur sens du service public, de leur capacité d’adaptation, de leur loyauté et de leur engagement auprès des communautés éducatives.
Ils sont en droit d’attendre de leur institution la même loyauté, la même solidarité et une reconnaissance à la hauteur de leurs responsabilités.
iD-FO continuera de défendre une conception exigeante mais profondément humaine de notre métier, fondée sur la solidarité, l’équité, le pragmatisme et le respect des personnels.
Nous poursuivrons ce dialogue avec les autorités académiques, sans renoncer à notre liberté d’analyse et d’interpellation, chaque fois que l’intérêt des personnels de direction l’exigera.
Nous invitons tous nos adhérents à nous faire remonter leurs observations et leurs difficultés pour nourrir nos prochaines interventions.
Parce que personne ne devrait avoir à exercer seul une responsabilité aussi essentielle, la solidarité syndicale demeure plus que jamais indispensable.
Claude DESBOS Renaud MARTELET
Membre du bureau académique Secrétaire académique
Pour le bureau académique iD-FO de Grenoble
