Monsieur le Recteur,
Recevez tous nos vœux pour cette année que nous souhaitons plus apaisée que la situation internationale ou que le contexte anarchique à l’assemblée nationale. Dans ce naufrage de la morale devenue exclusivement nombriliste, nous serons à vos côtés pour garder le cap de l’intérêt général.
Nous tenons aussi à affirmer notre satisfaction suite à la visio du 5 janvier avec notre ministre ; ses priorités pour l’Education nationale, « instruire et protéger », sont largement partagées et semblent aller vers un recentrage des missions.
Ainsi, la protection des adolescents passera par l’interdiction des téléphones portables en lycée, certes difficile à faire respecter mais qui aura le double-mérite d’offrir un cadre législatif sécurisant et une souplesse d’aménagement en tenant compte des circonstances locales. Les collectivités risquent de botter en touche face aux demandes de financement qu’elle implique. Pourtant, le travail des équipes en sera grandement facilité, confrontées à un public beaucoup trop rétif, et vivant cette privation d’usage comme une véritable amputation chirurgicale du prolongement de leur bras.
Nous prenons également acte de la volonté de Monsieur le Ministre de cesser la course à l’échalotte sur le nombre stratosphérique et pandémique des référents, sans rémunération afférente de surcroît.
Nous regrettons toutefois la mise entre parenthèses des engagements relatifs au taux de promotion à la hors classe créant un goulet d’étranglement qu’il sera difficile à résorber. Devons-nous faire les frais des restrictions salariales alors que nos missions ne cessent de croître ? Nous ne l’accepterons pas en collant au célèbre aphorisme d’un ancien président qui faisait du « travailler plus » une condition sine qua non d’une rémunération supplémentaire.
Monsieur le Recteur, je souhaite vous alerter sur le malaise grandissant de trop nombreux chefs d’établissement. La période est en effet celle des recours suite à la transmission des CREP que nous trouvons toujours bien trop longue. Je parlerai également des comptes rendus d’entretien de mobilité pour le mouvement 2026. Il serait intéressant de connaître l’évolution du nombre de recours car force est de constater que les adhérents ou sympathisants qui nous contactent semblent avoir des raisons légitimes de s’interroger. Que dire en effet de telle personne qui, respectant à la lettre les instructions hiérarchiques dans une situation RH explosive dans son établissement, se retrouve pénalisé tant dans son CREP que dans son dossier de demande de mutation ? Ou de tel autre en arrêt de travail depuis de longs mois suite à des agissements scandaleux dans son collège et qui se sent particulièrement vulnérable quant à la non prise en compte de sa situation pour quitter de manière dérogatoire son collège avant les 3 ans requis ? Dois-je aussi m’appesantir sur des cas de dégradation substantielle du taux de CIA sans raison apparente ?
Alors que nous savons votre volonté d’un dialogue constructif, beaucoup de collègues éprouvent encore un fort sentiment de mépris en raison d’un management reposant sur l’indifférence voire pire.
La profession a besoin de clarté et non d’opacité et de manque de considération.
Si nous acceptons de ne pas toujours être à la hauteur des attentes (et comment pourrions-nous l’être, accablés de tâches que nous sommes sans parfois le personnel nécessaire), nous souhaitons de la considération et de la bienveillance dans le traitement des situations où les chefs d’établissement n’ont d’autre issue que de se protéger en s’arrêtant, en se démobilisant, en se désengageant ?
La qualité du dialogue dont vous êtes le garant appelle une généralisation en département ; nous l’appelons de tous nos vœux.
Enfin, nous réitérons notre demande d’un calendrier desserrés sur les remontées des TRM ou à tout le moins, une consigne claire sur l’absence de nécessité de faire voter la ventilation de la DG en février. Le Code de l’Education ne donne aucune précision à ce sujet et la volatilité des moyens, surtout en lycée, invite à ne voter qu’en juin-juillet. Une simple présentation en conseil pédagogique voire en CA doit suffire. Revient-il vraiment aux syndicats de le rappeler ? Un appui de votre service juridique serait le bienvenu pour sécuriser tous ceux qui s’aventurent dans cette voie.
Je vous remercie.
