
Madame la Rectrice,
Mesdames et Messieurs les Directeurs Académiques,
Mesdames et messieurs en vos titres et fonctions,
Chers collègues,
Avant toute chose, permettez-moi, au nom d’Indépendance et Direction de vous souhaiter la bienvenue dans notre académie de Normandie, Madame la Rectrice.
Nous sommes heureux de vous rencontrer, à l’occasion de cette rentrée, et nous vous souhaitons pleine réussite dans vos nouvelles fonctions. Une prise de fonction est toujours un moment important : elle ouvre une nouvelle étape, avec ses attentes, ses défis, mais aussi, nous l’espérons, la possibilité d’un dialogue constructif avec les personnels de direction et leurs représentants. Nous souhaitons que celui-ci puisse être franc, exigeant et respectueux. C’est aussi ainsi que nous concevons notre rôle syndical : porter la parole des collègues, faire remonter les réalités du terrain et défendre leurs conditions de travail.
Nous débuterons cette prise de parole par une pensée solidaire pour nos collègues touchés par les incendies ces dernières semaines, notamment en Gironde. Une nouvelle fois, les personnels de direction ont démontré leur sens du service public et leur engagement, en accueillant des sinistrés, en ouvrant leurs internats et en mettant leurs logements de fonction à disposition.
Mais ces mêmes personnels de direction sont aujourd’hui profondément malmenés par notre institution.
Depuis plusieurs années, chaque rentrée se prépare dans des conditions plus difficiles que la précédente. Les moyens arrivent tardivement, les structures évoluent jusqu’au dernier moment, les informations se contredisent ou se succèdent, obligeant chacun à reprendre un travail que l’on croyait stabilisé.
Cette année encore, nous avons connu notre lot de modifications de dernière minute, de moyens qui évoluent, de décisions qui arrivent tardivement et qui nous obligent à refaire, encore et encore, ce qui avait pourtant été préparé.
Alors, peut-on encore parler de congés lorsque la charge mentale de la rentrée ne s’interrompt jamais ? Peut-on réellement récupérer lorsque l’on sait qu’un simple courriel peut remettre en cause des semaines de travail ?
Et cette rentrée apporte aussi son lot d’injonctions et de nouveaux dispositifs : un décret qui fait de l’élève la variable d’ajustement des conflits avec sa famille, l’interdiction du téléphone au lycée imposée plutôt que construite avec les équipes, et une nouvelle fuite de données qui interroge le modèle de pilotage par la donnée.
Toujours plus de procédures, de contrôles et d’exposition aux risques pour les personnels de direction : nous demandons au contraire moins de clics, moins d’injonctions et davantage de confiance, de moyens et de protection.
La rentrée sera, comme toujours, techniquement réussie. Nous y veillerons. Mais à quel prix ?
À force de compenser les dysfonctionnements, les absences non remplacées et les injonctions successives, nous sommes devenus les fusibles d’un système à bout de souffle.
Le bateau avance encore parce que nous écopons, nous colmatons les brèches, nous tenons la barre. Mais les marins sont fatigués. Et notre résilience a une limite : celle de notre santé physique et mentale.
Dans la circulaire de rentrée, le ministre affirme que « notre institution ne peut prétendre prendre soin des élèves si elle ne prend pas soin de ses personnels ». Nous ne pouvons qu’y souscrire. Mais les actes doivent désormais suivre les paroles.
Lorsque des personnels de direction, des secrétaires généraux ou des secrétaires ne sont pas remplacés, lorsque les avis de la F3SCT ministérielle ne sont pas mis en œuvre, les conditions de travail continuent de se dégrader. Et c’est pourquoi, Indépendance et Direction appelle les collègues confrontés à des absences non remplacées à faire reconnaître la réalité de leurs conditions de travail, notamment par les déclarations de mode dégradé que notre syndicat a mis à leur disposition.
Néanmoins, nous saluons deux avancées sur des revendications portées par notre organisation : la reconnaissance de la retraite progressive comme sujet de discussion et la reconnaissance du remplacement comme sujet prioritaire. Mais il faut maintenant des actes : de véritables brigades de remplacement, constituées de postes statutaires.
Il faut également reconnaître financièrement la réalité de nos responsabilités.
Indépendance et Direction revendique une rémunération à la hauteur des missions exercées : 30 % d’accès à la hors-classe (à l’instar des corps d’inspection), 300 points d’indice supplémentaires, un traitement minimal de 3 000 euros nets dès l’entrée dans la fonction et la suppression du butoir à l’indice 1129.
Enfin, dernier point, le ministère engage une réécriture de notre référentiel. Nous ne pensons pas que ce soit la priorité du moment. Indépendance et Direction n’a pas vocation à co-rédiger avec le ministère le référentiel de notre métier. Nous donnerons notre avis, dans le cadre de nos mandats, sur les propositions qui nous seront faites mais notre priorité est ailleurs : nous voulons les moyens de remplir correctement les missions que la République nous confie.
Madame la Rectrice, nous vous souhaitons à nouveau la bienvenue dans notre académie et à l’ensemble de nos collègues, nous souhaitons une très bonne rentrée, la plus sereine possible, et surtout une année professionnelle qui nous permette de retrouver du sens, du collectif et les conditions nécessaires pour exercer pleinement nos missions au service des élèves.
Bonne rentrée à toutes et à tous.
Merci de votre attention.
