COMMISSION BLANCHET ACADEMIE DE MONTPELLIER lundi 29 juin 2026 à 16h30

COMMISSION BLANCHET ACADEMIE DE MONTPELLIER Lundi 29 juin 2026 – 16h30

Représentants Indépendance & Direction Montpellier: Nacera BELKAÏD, Benoit FOUCAULT, Cyril LAPENE

Ordre du jour :

  • Point global sur la préparation de rentrée 2026/2027
  • Mobilité des personnels de direction
  • Information relative au « CFA académique »
  • Gestion des conditions climatiques de fortes chaleurs
  • Dispositif « Collège en progrès »
  • Dotations parts de Pacte et IMP
  • Fonctionnement des AS/UNSS 
  • Généralisation du passeport « Educfi »
  • Forfait DP/ internat dans les lycées
  • Intervention des médiateurs académiques sur des différends impliquant les personnels de direction

1. Introduction par Mme la rectrice

Mme la Rectrice a ouvert la séance en remerciant les participants pour leur engagement durant une année scolaire marquée par des défis importants, notamment la gestion des examens dans des conditions climatiques difficiles. Elle a souligné :

  • La qualité de la continuité éducative malgré les vagues de chaleur, un défi logistique et organisationnel. Sa demande d’une communication raisonnée sur les recommandations du ministère à ce sujet.
  • L’anticipation nécessaire pour les examens de 2027, avec des mesures déjà engagées (ex. : plateforme de remboursement pour l’achat de matériel de refroidissement, collaboration avec les collectivités territoriales).
  • Les annonces ministérielles sur les examens (pas d’épreuves l’après-midi en période de canicule) et les équipements pour les bâtiments anciens.
  • La satisfaction concernant le maintien du nombre des Assistants d’Éducation dans l’académie, malgré des pressions budgétaires nationales qui prévoyaient des suppressions.

2. Interventions liminaires des organisations syndicales

Indépendance & Direction Montpellier s’est exprimé sur le climat général, l’état sanitaire des personnels de direction, les conditions de travail, la charge horaire et mentale qui

Retranscription intégrale de l’intervention liminaire en annexe en fin de document.

Eléments de réponses de Mme la rectrice :

Enquêtes : la rectrice veille à la non sollicitation au travers d’enquête au niveau académique.

Sentiment de solitude des personnels de direction : elle espère que ce qui est mis en place au travers de la gestion du climat scolaire et de gestion de crise devrait aider les CE. Aucun CE ne devrait être en mesure de dire « je me sens seul ». Consignes données au futur CT-EVS.


3. Ordre du jour, interventions et échanges

1er point : Préparation de la rentrée 2026/2027

  • Assistants d’Éducation (AED) :
    • Aucun retrait dans l’académie, mais des redéploiements prévus.
    • Plan tranquillité scolaire : début juin les moyens ont été notifiés, moyens affectés pour une période plus courte (septembre à février), avec ajustements possibles après cette période en fonction des dégradations du climat scolaire. L’idée est de pouvoir compter sur ces moyens là où on en a besoin.
    • Besoins de remontées : les chefs d’établissement doivent fournir des bilans pour évaluer l’efficacité des dispositifs.
  • Recrutements :
    • Nouveau CTEVS Johan Gilliers : Actuel CTEVS de l’académie de Lyon et ancien personnel de direction de l’académie de Montpellier (PO et Aude). Prendra la tête du pôle tranquillité scolaire au sein du SDSA. Prendra ses fonctions le 1er septembre.

Remerciements à Mme Riche Dorlencourt après 8 années passées dans cette fonction.

  • Personnels administratifs : tensions sur les postes d’attachés, efforts pour consolider les équipes.
  • Mouvement enseignants : affectation des personnels le 9 juin. Fin des recours.
  • Professeurs stagiaires : affectations en cours des FSTG. Application dédiée pour recueillir les vœux des autres avec affectations visibles dans les TRM à partir du 21 juillet
  • Portables en pause :

Attente du texte de loi officialisant l’interdiction du portable au lycée.

Enquête dans les lycées : 1/3 proviseurs répondent qu’ils sont prêts pour le 1er septembre sans difficulté apparente. 1/3 proviseurs indiquent des difficultés pour mettre en place dès le 1er septembre. 1/3 proviseurs n’ont pas répondu au questionnaire : cela veut peut-être dire qu’ils ne sont pas prêts.

Le ministre sera ferme sur la mise en place au 1er septembre.

Equipe d’appui (DAEMI, DV4E, DAVLC, CTEVS notamment) pour accompagner les proviseurs en difficulté. Informer les proviseurs de la façon dont cela se met en place dans des établissements (établissements expérimentateurs par ex).

La rectrice évoque l’enjeu de sécurité publique.

  • EDS scientifiques

Ministère demande + de filles dans les EDS scientifiques : Demande de 2 à 3 filles de + dans les EDS concernés.

Filles qui s’autocensurent + envie d’aller en voie scientifiques : rôle très fort des proviseurs. Pousser les filles à aller là où elles ont envie d’aller.  Cet objectif démarre dès le collège.

Au niveau national : moins de filles en sciences que l’année précédente.

Au niveau académique : certains établissements ont augmenté de 25 % quand d’autres ont subi des baisses comparables. Services académiques vont analyser ces différences.

Rôle du CE en conseil de classe très important. Garder en tête dans l’orientation d’inciter les filles à prendre ces EDS.

Responsabilité dès la maternelle sur les stéréotypes de genre.

  • Réunion de rentrée

27 août après-midi : domaine de Bayssan (mise à disposition à titre gracieux par le président du CD 34).

Volonté de réunir les personnels des 5 départements.

Les chefs d’établissements peuvent inviter les SG à cette réunion.

2ème point : Mobilité des personnels de direction

  • Mouvement terminé pour le deuxième tour, recours traités.
  • Début juillet : dernière phase du mouvement dont stagiaire, accueil des détachements + liste d’aptitude.
  • Difficultés : un mouvement plus contraint que l’année passée, vœux parfois trop restreints, nécessité d’équilibrer les chaînes de mobilité.
  • Objectif : satisfaire un maximum de demandes tout en évitant les blocages

3ème point : Information relative au « CFA académique »

  • Contexte :
    • Baisse d’activité des GRETA (1,5 million d’euros en moins pour l’apprentissage, 3,7 millions pour la formation continue).
    • Création d’un CFA académique pour mutualiser les ressources et renforcer la compétitivité face aux organismes privés.
  • Objectifs :
    • Harmoniser l’offre de formation et la communication.
    • Sécuriser les parcours des apprentis (réversibilité entre voie scolaire et apprentissage).
    • Éviter les fermetures d’organismes en difficulté.
  • Inquiétudes syndicales :
    • Crainte d’une perte d’autonomie des GRETA.
    • Impact sur l’emploi : garantie de reprise des personnels CDI, mais inquiétude pour les CDD.
    • Mixité des publics : enjeu pédagogique et organisationnel (ex. : passage d’un groupe scolaire à un groupe d’apprentis).
  • Réponse de l’académie :
    • Structure légère : mutualisation des fonctions support sans suppression d’emplois.
    • Accompagnement : travail avec les corps d’inspection pour former les équipes.
    •  

4. Gestion des conditions climatiques (fortes chaleurs)

  • Gestion des vagues de chaleur :

Nécessité d’une anticipation structurelle (bâtiments, équipements) plutôt que des mesures ponctuelles.

  • Demande de critères objectifs pour évaluer les conditions de sécurité sanitaire (ex. : température maximale cible dans les salles).
  • Bilan 2026 :
    • 2 000 signalements en juin, dont 230 liés aux chaleurs (contre 600 en 2025).
    • Mesures efficaces : report des examens l’après-midi, utilisation de fiches réflexes (disponibles sur Accolad).
  • Actions futures :
    • Enquête académique pour identifier les établissements prioritaires (bâtiments anciens, manque d’équipements).
    • Collaboration avec les collectivités pour des plans pluriannuels (isolation, climatisation).
    • Critères objectifs : demande syndicale pour définir une température maximale de fonctionnement.
  • Proposition :
    • Généralisation des équipements d’ici 2027, avec un focus sur les centres d’examens.

Intervention Indépendance & Direction Montpellier :

«  Sur ce sujet, nous déplorons principalement 2 choses et formulons une demande :

– tout d’abord, nous déplorons la communication centralisée et publique

Quand elle est les deux à la fois, elle ne laisse aucune place aux adaptations locales, ou alors nous devons nous en justifier et quand bien même elle n’est pas formalisée par une directive officielle.

Autant nous demandons à pouvoir être autonome car effectivement nous savons faire, mais, sauf à une prise de décision nationale sur le format ou la programmation de l’examen, il aurait fallu s’arrêter au message initial et non à une prescription publique sur des mesures généralisées et inadaptées.

Nous tenons sur ce point à saluer l’intelligence du relai du message par les services de la DEC ici qui ont fait le choix du verbe pouvoir en lieu et place de devoir. Très probablement en lien avec l’esprit que vous avez souhaité, Mme la rectrice, sur ce sujet de la transmission des messages comme vous nous l’avez dit dans vos propos introductifs.

– ensuite et en lien avec le point précédent, nous déplorons de la part de notre ministère le transfert immédiat et sans équivoque de toute responsabilité opérationnelle entre les mains du chef d’établissement, nous sommes certes un territoire de rugby mais la passe systématique à l’ailier peut conduire à ce qu’on le pousse en touche aussi. Le chef d’établissement, qui en plus de devoir adapter, gérer et faire en sorte que tout se passe bien a dû et suite à ces messages nationaux, faire face aux demandes insistantes des parents et des personnels et rendre des comptes. Nous pouvions sérieusement nous passer de cela. Nous savons faire M le Ministre, certes, mais les responsabilités doivent être partagées, en amont, et sur le territoire par de vrais réflexions de fond sur l’organisation des examens, l’adaptation des locaux et les rythmes.

– enfin, nous demandons un paramétrage objectif des conditions de sécurité sanitaire pour les personnels et les élèves en établissement. Je m’explique, tout comme il est règlementairement établi qu’une salle avec une seule porte ne peut accueillir plus de 19 personnes, réglementons la température maximale au-delà de laquelle les conditions de sécurité sanitaire ne sont plus respectées. Et cela plutôt que de nous laisser juger s’il fait trop chaud ou pas assez, vous conviendrez du caractère subjectif et amateur de cette expertise que nous sommes censés mener pour prendre des décisions. »

5. Dispositif « Collège en progrès »

  • Bilan :
    • Travail riche mais chronophage pour les équipes (réunions, diagnostics, feuilles de route).
    • Difficultés : calendrier serré, temps de transport pour les regroupements, charge mentale.
  • Améliorations proposées :
    • Flexibilité sur les modalités de réunion (présentiel/distanciel).
    • Allègement des échéances pour la construction des projets.
    • Capitalisation sur les retours des équipes d’appui.

Intervention Indépendance & Direction Montpellier :

« Nous souhaitions aborder le dispositif collèges en progrès qui a été particulièrement impactant pour les personnels de direction pour l’année scolaire 2025-2026.

L’idée n’est pas de remettre en question l’objectif du dispositif à savoir de réfléchir collectivement pour identifier des leviers permettant de mieux accompagner les élèves les plus en difficultés.

Nous avons apprécié la richesse du travail avec les équipes d’appui qui ont pu nous aider à établir un diagnostic.

Cependant nous souhaitions vous alerter sur quelques points :

• le dispositif a été lancée en période de préparation de rentrée

• le calendrier des réunions et l’enchainement des mercredis après-midi ont été soulignés par les collègues

• la forme des regroupements et la nécessité de se réunir physiquement pour assister à des visios questionnent. Les temps de transport, les frais de déplacement questionnent.

• alerte qui nous l’espérons seront prises en compte pour la suite du dispositif pour les établissements concernés et les personnels de direction qui ont accepté d’accompagner en tant qu’équipe d’appui. »

6ème point : Dotations (parts de Pacte et IMP)

  • IMP : déléguées dans les lycées et aux DSDEN depuis 15 jours environ
  • Parts fonctionnelles : répartitions et délégations attendues pour le 27 août

7ème point : Fonctionnement des AS/UNSS

  • Problématique :
    • Manque de clarté sur l’organisation des sorties sportives inter-établissements.
    • Responsabilité des chefs d’établissement (présidents des AS) mal définie.
  • Proposition d’une autre OS:
    • Groupe de travail avec l’UNSS pour clarifier les procédures et sécuriser les activités.

8ème point : Généralisation du passeport « Édufi » (éducation financière)

  • Objectif :
    • Sensibiliser les élèves de 4ème aux enjeux financiers (risques des paris sportifs, crypto-monnaies, etc.).
  • Accompagnement :
    • Ressources académiques déjà disponibles (intégration en mathématiques).
    • Formation des référents en établissement.

Intervention Indépendance & Direction Montpellier :

« Nous avons appris que le Passeport EDUCFI sera généralisé à l’ensemble des élèves de 4e à compter de la rentrée 2026.

L’éducation financière nous semble importante quand la jeunesse peut être bercée par l’illusion du gain rapide et magique valorisée par des gourous présents sur les réseaux sociaux qui promettent la richesse immédiate par le biais de la crypto monnaie, des paris sportifs ou encore des jeux de hasard. Ce déploiement nous semble avoir du sens. Cependant : nous nous posons la question de l’accompagnement et des formations qui seront mises en place pour le déploiement de cette éducation.

Et nous nous inquiétons de devoir identifier un référent de plus pour ce passeport.

Les forces commencent à manquer à ce sujet et le risque final est que si cela concerne tout le monde personne ne s’en empare finalement. « 

-> Réponse Mme Vrinat, doyenne des IA-IPR : accompagnement engagé pour l’académie : le plan sera présenté à la rentrée.

9ème point : Forfait DP/Internat dans les lycées

  • Problème :
    • Nouvelle tarification régionale (facturation au réel après 33 semaines), générant des tensions :
      • Démobilisation des élèves en fin d’année.
      • Charge administrative accrue pour les services de gestion.
  • Action :
    • Interpellation de la Région pour réviser ce dispositif.

Intervention Indépendance & Direction Montpellier :

« Mme la rectrice, nous savons que vous n’êtes pas décisionnaire à la matière bien évidemment, mais nous souhaitions porter à votre attention les difficultés qui sont engendrées par les dernières modalités de paiement des forfaits du service restauration et hébergement et en particulier des effets de démobilisation anticipée engendrés sur les élèves. Effectivement on a reçu une notification de la région pour nous informer que tous les forfaits de SRH, donc demi-pension étaient calculés sur les 33 premières semaines de fonctionnement de l’année scolaire, soit une fin au vendredi 12 juin pour cette année scolaire, tous les repas et nuitées pris après cette date-là sont calculés et facturés au réel. Cela génère plusieurs problématiques, d’abord de travail dans les services de gestion qui sont obligés de faire des sondages par endroit pour savoir qui va dormir qui va manger etc. et avec vous imaginez bien des changements d’avis de la part des élèves et des parents qui ne sont pas sans conséquences. On génère ainsi une fuite massive des élèves, y compris chez des élèves de troisième qui sont dans certains internats et qui devraient être en classe et en lycée professionnel, les terminales qui sont censés être présents sur le parcours différencié jusqu’au le 19 juin étaient évidemment absents. Alors déjà qu’on a un absentéisme assez important dans certains lycées, là ça n’a rien arrangé. Pour la vie scolaire, ça a été aussi très difficile. Comment expliquer à des parents que la sécurité est obligatoire et que par ailleurs on fait payer un peu plus ses familles, donc ça a généré effectivement quelques tensions. Après le 12 juin, les familles doivent payer un petit peu plus. Mais pour autant le forfait n’a pas baissé. Donc ça pose quand même un gros problème, on n’a pas été du tout mis dans la boucle avant cette décision. On a été mis sur le fait accompli et là on en a subi les conséquences. Ainsi on voulait faire appel à vous Madame la rectrice pour soutenir cette demande auprès de la région. »

10ème point : Intervention des médiateurs académiques

Intervention Indépendance & Direction Montpellier :

Alerte sur des prises de position perçues comme partiales, mettant parfois les chefs d’établissement en difficulté face aux parents.

Demande de la neutralité et le respect du principe de médiation.

Réponse de la Mme la rectrice : abordera ce point avec les médiateurs lors du bilan annuel.


4. Clôture

Mme la Rectrice a salué l’engagement des personnels malgré une année exigeante (réformes, conditions climatiques, charge administrative).

Elle remercie les syndicats pour le dialogue constructif.

Elle donne rendez-vous à la réunion de rentrée le 27 août au domaine de Bayssan à Béziers, avec une intervention artistique.

Calendrier 2026/2027 des commissions Blanchet : alternance entre commissions présentielle et distancielle.

Elle souhaite de bonnes vacances à tous, avec un appel à une vraie déconnexion.

ANNEXE

Intervention liminaire Indépendance & Direction Montpellier (par Cyril Lapene SA)

« Tout d’abord pour une parfaite information de l’ensemble des membres de la commission, je dois vous dire, qu’après presque une dizaine d’année d’engagement au service de notre syndicat Indépendance et Direction, Olivier Briffaut a cédé sa place de secrétaire académique. J’ai été désigné comme son successeur sur cette mission, Benoit Foucault me succède alors sur celle de secrétaire académique adjoint. Je rajouterai que ce n’est pas sans émotion que je siège sur cette commission sans la présence de mon grand ami Olivier.

Mme la rectrice, pour nos propos liminaires pas d’accroche sur les points retenus à l’ordre du jour, nous y viendrons au moment opportun et vous remercions d’avoir intégré toutes nos propositions.

Nous nous attacherons à partager simplement ce qui s’impose aujourd’hui et pour rester pleinement fidèle aux sentiments, aux discours et au moral de l’ensemble de nos collègues aujourd’hui, je suis au regret de devoir à nouveau vous imposer la transmission d’une complainte généralisée. L’esprit n’est hélas pas à l’engouement, la joie ou encore la santé parmi les personnels de direction.

Ce n’est effectivement pas la première fois que nous alertons sur l’état sanitaire des personnels de direction, pourtant des réflexions ont été entreprises (notamment autour de la charte de pilotage et en particulier dans notre académie) pour s’intéresser aux moyens de réduire les charges horaires et mentales toujours croissantes.

Cependant force est de constater que le contexte n’évolue pas dans ce sens bien au contraire. En effet, alors que nous sommes submergés par les tâches à accomplir, alors que nous accumulons des responsabilités, alors que nous devons quotidiennement régler et réguler dans l’urgence des situations complexes, crises ou embryons de crises, alors que nous sommes garants du bon fonctionnement de tout dans nos établissements, et bien malgré ces charges déjà monumentales, et malgré les alertes, on charge encore davantage la mule (oui la mule vous l’avez deviné c’est nous) :

– on nous impose encore de nouvelles tâches parasites : multiplication des enquêtes (certaines annonçant 25 minutes de mobilisation), des webinaires essentiels programmés sur le temps méridien, le mercredi après-midi ou en soirée, l’avènement de nouvelles applications alors que nous appelons à une rationalisation des devoirs numériques, mais aussi de nouvelles missions de « betatesteur » d’applications adaptées à la hâte aux nouvelles réformes et sur lesquelles nous nous arrachons les cheveux, etc.

– malgré ces charges on nous attribue des responsabilités exclusives au-devant desquelles nous n’avons d’autre choix que de répondre et sans délais et sans aucune aide : je le disais, gestion et résolution de crise quasi-permanente en étant de plus en plus souvent contraints de se défendre et quand de surcroît on ne tire pas sur l’ambulance par endroit : quand on demande par exemple au chef d’établissement, en plein épicentre d’occupations opérationnelles impérieuses et de préoccupations mentales aliénantes, quand on lui demande dans un délai contraint, de produire des rapports sur des situations internes à l’établissement, il fait cela quand, la nuit ? il y a ceux qui y parviennent et ceux dont le fusible saute).

– s’ajoute à tout cela et de plus en plus fréquemment, dans le cadre de notre responsabilité générale et pleine, le devoir de suppléer les missions de personnels administratifs et de directions en arrêt, toujours plus nombreux et non remplacés. Des équipes complètes ! C’est ce que nous demandons légitimement depuis toujours.

Alors certes, tout cela, les chefs d’établissement savent faire, cette validation de compétences par M le ministre nous honore, on sait faire effectivement, mais hélas nous n’avons plus le temps ni l’énergie de faire, le temps nous l’avons déjà sacrifié au-delà de ce que nous pouvions sur celui de notre vie personnelle et de notre nécessaire repos. Pour l’énergie, le fusible est la santé, physique et psychique, ils sont nombreux à le voir griller ce fusible, de plus en plus nombreux (le nombre de collègue en arrêt de travail explose), ces maux sont sans ambiguïté imputables au service et non à une santé fragile a priori. Beaucoup de celles et ceux qui s’effondrent étaient parmi les plus solides.

Il fut un temps, où les personnels de direction ne s’arrêtaient jamais, aujourd’hui on en connait chacun plusieurs qui ont cédé, il fut un temps où les inscriptions au concours de personnel de direction se comptaient en milliers et où trouver des faisant fonction était aisé, aujourd’hui notre métier attire peu, il fut un temps où entre collègues, on raccrochait notre téléphone en se souhaitant une bonne journée, aujourd’hui on se souhaite systématiquement « bon courage »…

Ceux ne sont que quelques indicateurs parmi de nombreux mais ils inspirent une sérieuse préoccupation…

Nous savons Mme la rectrice que vous êtes consciente et sincèrement sensible à cet état sanitaire des personnels de direction et ne doutons pas le moins du monde de votre volonté de vouloir améliorer nos conditions d’exercices, nous pensions par contre que notre ministre l’était tout autant, nous en doutons aujourd’hui. »