Déclaration ID
Monsieur le Recteur,
ID souhaite tout d’abord saluer l’engagement et la réactivité de vos services dans cette période particulièrement intense de préparation de la rentrée. Nous pensons notamment aux équipes de la DEC, fortement mobilisées pour assurer le bon déroulement des examens et concours, mais également à l’ensemble des services académiques confrontés à des évolutions réglementaires incessantes et à des contraintes de gestion toujours plus lourdes.
Nous tenons également à remercier vos proches collaborateurs, les IA-DASEN, DAASEN, IA-IPR EVS ainsi que la direction de l’encadrement, pour l’attention portée à certaines situations individuelles de personnels de direction dans le cadre du mouvement. La prise en compte des parcours professionnels et des situations humaines reste essentielle et mérite d’être reconnue.
S’agissant du projet académique, nous mesurons l’investissement considérable qu’il a nécessité et apprécions la volonté affichée de répondre aux réalités du terrain. Nous souhaiterions toutefois obtenir des précisions sur ses modalités de mise en œuvre. Vous avez évoqué un déploiement « homéopathique » ; nous espérons que cette approche prévaudra effectivement. Les établissements sont déjà fortement sollicités et la multiplication des dispositifs, parfois présentés avec insistance, risque davantage de générer de la lassitude que de susciter l’adhésion des équipes.
Au-delà de ces sujets, ID souhaite attirer votre attention sur une préoccupation majeure des personnels de direction : l’impact grandissant de la bureaucratisation de notre institution sur nos conditions de travail.
Année après année, les procédures liées aux examens, aux évaluations et aux remontées administratives se complexifient. Les applications se multiplient sans pour autant gagner en ergonomie. Pire, les dysfonctionnements techniques deviennent récurrents tandis que les interfaces s’empilent et que les règles évoluent en permanence. Cette inflation procédurale finit par éloigner les personnels de leurs missions essentielles.
Le LSU au collège en est une illustration particulièrement frappante. Conçu comme un outil de suivi, il est devenu une véritable usine à gaz. Les équipes sont confrontées à des situations inextricables concernant les élèves bénéficiant d’aménagements de parcours, de PAP ou de PPS, mais également les élèves durablement absentéistes. L’obligation de renseigner des évaluations parfois impossibles à produire conduit les établissements à rechercher des solutions de contournement dénuées de sens pédagogique.
Les difficultés de communication entre Pronote, LSU, LSL, Cyclades, Parcoursup ou encore Santorin génèrent une surcharge de travail considérable, principalement assumée par les personnels de direction adjoints. Les incohérences entre logiciels, les blocages techniques et l’absence d’harmonisation des procédures détournent les équipes de leurs missions de pilotage pédagogique et éducatif.
(La situation de l’EPS illustre également cette dérive administrative. L’empilement de protocoles spécifiques et d’applications dédiées conduit les enseignants à consacrer un temps toujours plus important à des tâches administratives au détriment de leur cœur de métier. Plus largement, la coexistence de procédures numériques et papier pour des opérations similaires contribue à alimenter un sentiment général d’incompréhension.)
À force de vouloir tout contrôler, tout tracer et tout sécuriser, l’institution a fini par faire de l’organisation une finalité. Pendant que les personnels passent davantage de temps devant leurs écrans, les enjeux pédagogiques et éducatifs passent au second plan.
Pour ID, il est devenu indispensable d’engager un véritable chantier national de simplification des examens, des procédures administratives et des outils numériques.
Nous souhaitons également évoquer les classes à horaires aménagés scientifiques, qui constituent à nos yeux un projet ambitieux et porteur de sens pour les élèves comme pour les établissements. ID en soutient pleinement l’esprit et les objectifs. Toutefois, nous regrettons que les moyens alloués ne couvrent pas les besoins réels induits par leur mise en œuvre. Une fois encore, les équipes sont invitées à développer de nouveaux dispositifs sans que les ressources nécessaires soient systématiquement au rendez-vous. Cette situation place les établissements dans une logique permanente d’arbitrage et de compensation qui fragilise leur fonctionnement quotidien. Par ailleurs, comme pour de nombreux dispositifs institutionnels, la multiplication des enquêtes, remontées d’informations et bilans intermédiaires génère une charge administrative disproportionnée. À force d’accumuler les sollicitations, l’institution prend le risque d’épuiser les équipes et de détourner les personnels de l’essentiel : l’accompagnement des élèves et le pilotage pédagogique des établissements.
Concernant l’École inclusive, nous souhaitons revenir sur les Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS). Le 11 mai dernier, l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi visant à renforcer le parcours inclusif des élèves à besoins éducatifs particuliers. Ce texte acte l’abandon de la généralisation des PAS. Pourtant, dans notre académie, leur déploiement semble se poursuivre. Le message adressé par la représentation nationale paraît ne pas avoir été entendu. Nous vous demandons donc quels sont les projets de développement des PAS dans l’académie et quel bilan vous tirez des expérimentations déjà conduites. Pour ID, ces dispositifs contribuent à alourdir les responsabilités des établissements et à dégrader davantage les conditions de travail des personnels. Leur abandon doit désormais être envisagé.
Nous souhaiterions également obtenir la liste des établissements concernés par le dispositif « Collège en progrès », que vous nous aviez communiqué en janvier à l’oral en Blanchet.
Par ailleurs, la question du fonctionnement dégradé de nombreux établissements demeure préoccupante. Nous souhaiterions connaître le nombre d’EPLE ayant dû fonctionner plusieurs mois, voire une année scolaire entière, sans secrétaire, sans secrétaire général ou sans conseiller principal d’éducation. Combien d’établissements ont été concernés, à l’échelle académique et départementale ? Quels dispositifs d’accompagnement ont été proposés aux chefs d’établissement confrontés à ces situations particulièrement difficiles ?
Enfin, la baisse démographique constitue un enjeu majeur pour les années à venir.
Les personnels de direction ont besoin de visibilité sur les évolutions de la carte scolaire et des structures à moyen terme. Vous avez indiqué votre volonté de construire ces évolutions avec les collectivités territoriales. ID souhaite savoir si les personnels de direction seront pleinement associés à ces réflexions et selon quelles modalités.
Nous avons également entendu évoquer la possibilité d’accueillir des classes relevant du premier degré dans certains EPLE. Cette perspective soulève de nombreuses interrogations quant aux responsabilités exercées par les personnels de direction et aux conséquences organisationnelles qui pourraient en découler.
ID réaffirme enfin son opposition à toute suppression de poste liée à la baisse démographique. Les moyens ainsi dégagés doivent être consacrés à la création de véritables brigades de remplacement des personnels de direction, dont l’absence se fait cruellement sentir dans l’académie.
Je vous remercie de votre attention.
