La rentrée, et après

Publié le vendredi 30 octobre 2020


La rentrée scolaire a été placée sous le signe de la crise sanitaire. Dès les premiers jours, les personnels de direction ont eu à gérer des situations de cas confirmés, cas contacts, cas suspicieux, avec une nécessité de réaction rapide et précise. Ils ont fait face avec professionnalisme et lucidité, comme d’habitude. La brutalité de la survenue de ces situations a surpris bon nombre d’acteurs, même si un protocole avait été anticipé par le ministère. Les procédures de signalement, les canaux de diffusion, les consignes concernant le nombre de jours d’éviction des cas confirmés ou contacts, tout cela a mis les personnels de direction devant des situations nouvelles, sans qu’il y ait de réponse uniforme de l’institution. Les procédures ont d’ailleurs évolué courant septembre, pour se stabiliser vers la fin du mois.

La gestion des activités les plus exposées reste d’ailleurs pour l’instant dans le vague. On sait que la demi-pension, l’internat, et la pratique de l’EPS sont des moments où la transmission du virus est facilitée. Les recommandations que les personnels de direction ont obtenues par l’intermédiaire de fiches ministérielles ou de consignes académiques ne sont pas applicables sur le terrain. Le brassage des élèves est inévitable pendant ces moments là, et le traçage devient très difficile, d’où l’éviction parfois de classes entières ou de groupes entiers pendant plusieurs jours. Là encore, les personnels de direction ont été réactifs pour mettre en place la continuité pédagogique nécessaire.

Mais pendant que les personnels de direction sont occupés à gérer les situations quasi-quotidiennes, à remplir des tableaux, à répondre à des appels téléphoniques ou des mails de l’ARS ou des autorités académiques, la vie des établissements ne s’arrête pas pour autant. Les tâches quotidiennes se poursuivent, le ministère continue de faire avancer certains dossiers, mais en termes de communication, tout tourne autour de la situation sanitaire. C’est pourquoi Indépendance et Direction a envoyé un courrier au DGESCO pour demander à la fois que des consignes plus précises soient données sur les cours d’EPS et l’internat, mais aussi pour que des réunions de cadrage soient mises en place au plus vite sur le baccalauréat 2021. A l’heure où ces lignes sont écrites, une réunion au ministère a été lancée sur le sujet, preuve que notre demande a été entendue.

Mais il est également nécessaire que le ministère comprenne que le temps que les personnels de direction consacrent à la gestion de la situation sanitaire dans leurs établissements ne leur permet pas de mettre en place en plus des nouveautés comme l’évaluation des établissements, par exemple.

Cette opération très chronophage nécessite une mobilisation des équipes sur plusieurs mois, et nous ne pouvons pas actuellement nous le permettre. Rappelons qu’Indépendance et Direction est favorable au principe de l’évaluation des établissements pour autant qu’elle soit bien dissociée de celle de l’équipe de direction, bien entendu, mais que nous avons demandé au ministre un moratoire pour cette année en raison des circonstances exceptionnelles que nous traversons.

Par ailleurs, concernant le dossier du paritarisme et de la suppression des prérogatives des CAPN et des CAPA en matières de mutations et de promotions, Indépendance et Direction affiche toujours son désaccord avec le ministère. L’annonce du maintien des commissions paritaires spécifiques aux personnels de direction ne règle rien, puisque c’est essentiellement en matière disciplinaire que leur action va se poursuivre. Indépendance et Direction considère donc que la loi Dussopt est, et reste une loi visant à l’éviction des syndicats des opérations de gestion de carrière. Nous avons réagi, en demandant et obtenant qu’un tableau des postes ayant été pourvus après mutation soit publié par le ministère après chaque mouvement.

Heureusement, nous avons trouvé le moyen grâce à l’action de notre pôle mutation de reconstituer le mouvement. Quant à nos commissaires paritaires, qu’ils soient remerciés de leur engagement au service des adhérents : ils les conseillent pour établir leur liste de vœux, les représentent en académie et au ministère pour faire valoir les situations, les conseillent lorsqu’ils souhaitent faire un recours afin d’avoir les meilleures chances d’aboutir. On le voit, malgré la volonté de circonvenir les syndicats, Indépendance et Direction a su réagir.

Indépendance et Direction continue de revendiquer l’amélioration des conditions de travail et de rémunération des personnels de direction. L’augmentation promise par le ministère de vingt trois millions d’euros devrait être imputée sur les budgets 2021 et 2022. Nous avions réclamé que les adjoints, qui avaient été mis de côté dans ce dossier par le ministère, y soient intégrés plus significativement. Cela a donné lieu à un ajustement, et le ministère a rajouté un million et demi de plus qu’au départ pour y répondre. Cette augmentation, certes significative dans sa globalité, est malgré tout en deçà de ce que nous avions demandé. Indépendance et Direction continuera donc à revendiquer une réelle augmentation salariale de tous les personnels de direction, et une véritable revalorisation de carrière notamment au travers du taux de passage à la hors classe dont nous demandons qu’il atteigne les mêmes pourcentages que les autres cadres de l’éducation.

Les combats à venir seront donc encore nombreux et Indépendance et Direction sera là pour y répondre et pour défendre l’ensemble de la profession.

Franck ANTRACCOLI,
Secrétaire Général