Déclaration liminaire Blanchet 22 avril 2026

Monsieur le Recteur,

Nous saluons les déclarations du ministre, qui semblent confirmer qu’aucune réforme n’est à l’ordre du jour et que la circulaire de rentrée sera publiée en mai. Ce serait une première, en effet.

Par ailleurs, la Cour des comptes vient de pointer du doigt le Ministère sur son bilan écologique. Nous irons plus loin : au regard du bilan carbone, combien de déplacements pourraient être évités grâce au distanciel ? Bien sûr, rien ne remplace les échanges en présentiel, mais à l’heure où le prix de l’essence pèse lourd sur les budgets des établissements – déjà mis à mal par l’envolée du gaz –, la question se pose. Le lancement du Plan collèges en progrès a ainsi mobilisé de nombreux acteurs, parfois sur des sites éloignés, générant des frais de transport que les budgets des EPLE ne peuvent assumer. La consigne reçue dans un département était d’ouvrir une ligne budgétaire dédiée à ces dépenses, mais en pratique, cela s’avère souvent impossible, tant les marges de manœuvre sont réduites. Même si nous revendiquons une autonomie budgétaire, certains postes de dépenses, comme celui-ci, peuvent légitimement interpeller les présidents des conseils départementaux, eux-mêmes confrontés à des difficultés de financement. Les DGF sont en baisse, et certains établissements peinent à boucler leurs comptes. Certains de nos adhérents ont fait leurs calculs : ils ont dû avancer plus de 300 € de leur poche, faute de financement possible par l’EPLE.

Quant aux retours des collègues ayant participé aux formations à l’IH2EF, les ateliers proposés restent d’un niveau équivalent à celui de la formation initiale, peu enrichissants. Un point, cependant, mérite d’être retenu : le ministre, tout comme vous, Monsieur le Recteur, insiste sur la nécessité d’une vision à long terme et rappelle qu’il n’y a pas lieu de mettre la pression sur les équipes concernant les résultats au DNB.

Le sujet du moment reste la communication du ministère sur le « séisme démographique » et ses conséquences. ID n’a pas de position dogmatique sur ce dossier – c’est dans l’ADN de notre organisation –, mais nous revendiquons des équipes complètes dans chaque EPLE, avec la mise en place de brigades de remplacement (comme cela a été fait à Bordeaux, et devrait l’être sur tous les territoires), et réaffirmons notre opposition à toute suppression de poste.

En cette fin d’année, la charge de travail est colossale : entre les examens et les procédures d’orientation, notamment en lycée, la tâche est redoutable. Le guide de l’affectation, désormais aussi épais qu’un bottin, s’avère d’une complexité telle qu’il faut le consulter en permanence pour s’y retrouver. Une vraie dérive technocratique : pour un élève souhaitant suivre une spécialité non proposée dans son lycée, il faut remplir un Colibris ; pour un autre, une fiche passerelle, mais attention, pas pour ceux-là, qui relèvent d’une annexe (annoncée mais inexistante dans le guide) à envoyer à l’établissement d’accueil avant renvoi à la DSDEN pour avant-hier, bien sûr ! Sans compter le circuit des avis à solliciter à tout-va. Quant à Parcoursup, il exige désormais une appréciation annuelle par discipline pour tous les candidats, au même titre que le LSL. Mais enfin, quand fera-t-on des progrès en matière informatique ? Pourquoi le SLA fonctionne-t-il si bien en collège pour l’affectation post-3ème, mais pas du tout en 2nde GT, où nous devons encore saisir manuellement, à l’ancienne, les fiches dialogues des familles demandant un passage en 1ère – avec, en prime, les notes pour ceux qui visent une 1ère technologique ?

Autant de saisies inutiles et terriblement angoissantes pour ceux que l’informatique rebute, et pour les chefs d’établissement et leurs adjoints, chargés de « caporaliser » des équipes réticentes à respecter des délais toujours plus serrés. Pendant ce temps, où est le pilotage ?

Nous vous remercions, Monsieur le Recteur, d’avoir entendu notre demande de nous dispenser des listes supplémentaires en voie professionnelle dans le cadre de l’affectation post-3ème. Cela permettra de donner plus de corps au 2ème tour, sans avoir à traiter les listes principales puis les listes supplémentaires en un temps record dans les LP et les LPO. Les secrétariats sont à bout, et la fin d’année est encore lointaine pour les adjoints, surtout en lycée.

Enfin, pour conclure, nous insistons sur la question de l’orientation des élèves en situation de handicap dans la voie professionnelle. Certaines formes de handicap posent problème, notamment en CAP Accompagnement Éducatif Petite Enfance et CAP Accompagnement Au Grand Âge. On délivre des certificats de compétences, mais ces jeunes, déjà vulnérables, ne sont pas employables. À quoi servent alors nos formations diplômantes ? On les accueille, on propose parfois des CAP en 3 ans, ce qui pose un problème d’effectifs : comment accueillir les nouveaux tout en permettant aux élèves de 2ème année de faire leur 3ème ? Enfin, comment autoriser des élèves issus de SEGPA ou d’ULIS, qui n’ont pas pu accéder aux ateliers en collège, à intégrer des formations du Bâtiment, alors qu’ils ne peuvent obtenir l’autorisation médicale ?

Vous l’aurez compris, la route est encore longue pour répondre aux promesses d’« alléger, faciliter » faites aux chefs d’établissement et, par ricochet, à leurs collaborateurs les plus proches, comme les secrétaires. D’autant que de nombreux EPLE fonctionnent déjà en mode dégradé. ID FO, Monsieur le Recteur, a invité début avril les collègues à déclarer auprès des DASEN les dysfonctionnements et leurs conséquences.