« À Nantes, c’est le chaos » : la difficile reprise des chefs d’établissement après la cyberattaque

Article de Presse Océan du 25 août 2026
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Messagerie désactivée, applications inaccessibles, emplois du temps difficiles à finaliser : à une semaine de la rentrée, les conséquences de la cyberattaque visant l’Éducation nationale cet été perturbent la reprise du travail des chefs d’établissement dans plusieurs académies. Celle de Nantes semble la plus touchée.

« Beaucoup de collègues ont des accès soit très partiels soit inexistants à leurs outils, dont on a impérativement besoin en tant que chefs d’établissement », a expliqué lundi à l’AFP François Resnais, secrétaire national du SNPDEN-UNSA, principal syndicat des chefs d’établissements.

Les situations restent très contrastées selon les territoires, souligne Agnès Andersen, du syndicat ID-FO. Si certaines académies connaissent des perturbations limitées, qui concernent essentiellement les mails mais sont en voie de rétablissement, d’autres sont beaucoup plus touchées. À Toulouse et surtout à Nantes, c’est le chaos, affirme-t-elle.

« Comment finalise-t-on les emplois du temps ? »

« À Nantes, ils n’ont même plus accès aux environnements numériques de travail », détaille la représentante syndicale. « Comment communique-t-on ? Comment finalise-t-on les emplois du temps ? Comment les transmet-on ? » interroge-t-elle, évoquant également des difficultés pour gérer les affectations de personnels à quelques jours de la rentrée.

Selon elle, l’attaque pourrait aussi avoir des conséquences sur le paiement des factures, certaines applications de gestion restant indisponibles, voire sur le versement des salaires de septembre. Contacté, le rectorat de Nantes a renvoyé vers le ministère de l’Éducation nationale.

Protection renforcée du processus d’identification

Le rectorat de Toulouse indique pour sa part avoir été contraint de « prendre des mesures immédiates de protection » et de suspendre « l’accès à l’ensemble des systèmes d’information de l’académie », notamment les applications métiers, la messagerie et le site internet.

À Bordeaux, certaines applications ont également été coupées à titre préventif pendant l’été. Les accès sont progressivement rétablis afin de permettre aux personnels de préparer la rentrée scolaire, en parallèle de la poursuite des opérations de sécurisation qui consistent notamment dans la protection renforcée du processus d’identification, assure toutefois le rectorat.

« Un travail très fastidieux »

Cette situation intervient après la révélation, le 31 juillet, du vol de données concernant un nombre important d’agents de l’Éducation nationale. Mi-août, des pirates informatiques ont par ailleurs revendiqué la détention de données personnelles concernant plusieurs dizaines de milliers d’enseignants et d’élèves.

Au-delà des perturbations opérationnelles, les personnels doivent également composer avec les vérifications de sécurité déclenchées après l’attaque.

Il faut balayer l’ensemble des personnels pour voir si telle ou telle adresse n’est pas compromise. C’est un travail très fastidieux qui aujourd’hui compromet considérablement la reprise la plus sereine possible des personnes de direction, souligne François Resnais.