Personnels de direction sous pression : les exécutants d’un système devenu inhumain, une école pilotée par les chiffres

Depuis six ans, la réforme du lycée engagée sous Jean-Michel Blanquer n’en finit pas de produire ses effets. Ajustements permanents, modifications annuelles du baccalauréat, nouvelles consignes sur l’orientation : chaque rentrée apporte son lot de changements, au détriment de la stabilité dont les élèves, les familles et les équipes éducatives auraient pourtant besoin.

Derrière les discours officiels sur « l’accompagnement personnalisé » et « le parcours de l’élève », la réalité du terrain est bien plus brutale : les personnels de direction sont sommés de concilier l’inconciliable, devenant ainsi les premiers gestionnaires des contradictions du système.

On leur demande d’accompagner chaque élève dans la construction de son parcours, de la sixième à la terminale. On leur demande d’écouter les familles, de soutenir les ambitions, de promouvoir l’égalité des chances et de lutter contre les déterminismes sociaux et de genre. Mais au moment décisif, notamment à la fin de la seconde, l’accompagnement individualisé cède brutalement la place à une logique comptable : quotas, capacités d’accueil, taux de passage […]

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